Sur nos pas

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Pour la première fois de notre voyage nous nous sommes rendus dans un endroit que nous avions déjà visité il y a un peu plus de six ans : La Paz.
Nous ne souhaitions pas particulièrement y retourner car nous n’en gardions pas un très bon souvenir, seulement, passer par cette ville est l’itinéraire naturel pour quitter la Bolivie en direction du Pérou.
Il y a six ans nous n’y étions restés que quelques heures, entre deux bus.
Nous avions trouvé La Paz chaotique et peu sûre.
Aujourd’hui, nous sommes réconciliés avec la capitale bolivienne notamment grâce à son tout nouveau téléphérique.
En effet, la circulation à La Paz est terrible ! Il y a des bouchons tous les jours et tout au long de la journée. Des milliers de mini-bus s’arrêtent n’importe où et n’importe quand. Il y a pourtant des routes à quatre voies à certains endroits de la ville mais des files de mini-bus stationnés en bloquent trois sur les quatre ! Parfois même ils condamnent complètement une bretelle de sortie !
À cela s’ajoute les ruelles étroites et pentues du centre-ville et les 800 m de dénivelé de la ville !


Heureusement, une première ligne de téléphérique a été inaugurée en 2014. Aujourd’hui, onze sont en service ce qui permet de survoler la ville et ses bouchons.
Au premier abord c’est très surprenant pour nous Français qui ne connaissons les téléphériques que dans les stations de ski !
Mais nous l’avons très rapidement adopté. Les filles ont adoré et nous aussi ! La vue est magnifique et l’on peut découvrir la ville sans être oppressé.

La tâche blanche au centre est une voiture coincé entre les rochers 😯
Le cimetière

Nous avons visité le musée de la coca.
La feuille de coca est très présente dans beaucoup de pays sud-américains mais souffre d’une mauvaise réputation auprès des étrangers car elle est souvent associée à la cocaïne. Ce musée a été créé afin de dédiaboliser la feuille de coca omniprésente dans la culture andine. Elle peut intervenir dans des échanges commerciaux, lors d’événements familiaux, de rituels et est consommée en mate (infusion) ou mastiquée afin de se donner de l’énergie ou pour lutter contre le mal des montagnes. Elle a également beaucoup été utilisée comme anesthésiant et entre dans la composition du Coca-Cola.

Nous avons également sillonné les ruelles et places du centre-ville.

Puis, nous nous sommes rendus au musée des instruments de musique, malheureusement les photos y étaient interdites.
Nous avons pu y voir une multitude de guitares, de charangos (sorte de petite guitare équipée de cinq rangées de double corde), de harpes, de tambours, de maracas, de flûtes (de pan) et d’autres créations plus ou moins étranges !

Les filles ont pu s’essayer à quelques instruments 👍

La femme qui nous a accueillie a offert aux filles des mini billets de banque car se déroulait lors de notre passage la féria Alacitas qui célèbre le dieu de l’abondance aymara E’keko. Il est de coutume, durant cette période, d’acheter des miniatures qui représentent les biens matériels espérés. Pour accompagner les billets des filles nous avons acheté une petite maison avec une voiture devant dans l’espoir que le dieu E’keko nous apporte ces objets convoités ! On ne sait jamais ! Afin de l’aider, je joue à l’EuroMillions en parallèle 🍀 🤣 .

Nous avons ensuite découvert le superbe musée d’ethnographie et du folklore.

Une partie du musée est dédiée aux tissus et à leur fabrication à partir de la tonte des alpagas ou lamas
Des colorants naturels
La coloration
La galerie des masques
Noémie avait peur dans cette salle, je ne comprends pas pourquoi ! 😱
La salle des plumes
Les tenues traditionnelles

Enfin, nous avons arpenté des allées de l’immense marché d’El Alto (la banlieue la plus haute de la ville), considéré comme le plus grand d’Amérique Latine !

Toutes les rues de l’immense quartier sont recouvertes de stands !

Juste avant notre départ de la ville, la première semaine de février, a eu lieu la rentrée scolaire (après les grandes vacances d’été). Les enfants ici portent l’uniforme et la blouse, ils sont vraiment mignons !

Avant de quitter La Paz (dernière grande ville avant le Pérou) nous avons dû comme à chaque passage de frontière faire établir un certificat de bonne santé pour Eko. Mais en plus, nous devions absolument lui faire subir un titrage sérique des anticorps antirabiques, examen obligatoire pour entrer en Europe avec un animal de compagnie. Cet examen aurait pu être fait en France avant notre départ et est valable à vie, seulement, je ne m’étais renseignée que sur les formalités pour entrer en Amérique du Sud, mais je n’ai pas pensé qu’il y aurait des formalités particulières pour revenir en France avec notre chien français… Notre vétérinaire à qui j’ai pourtant parlé de notre voyage un an avant le départ ne m’en a pas informé non plus ! Ce qui nous pose des soucis depuis le début du voyage…
En effet, nous avons appris l’avant-veille de prendre l’avion l’existence de cet examen par la remplaçante de notre vétérinaire que nous avons vu pour le certificat de bonne santé d’avant départ. Seulement il était trop tard pour l’effectuer car nous venions de faire le renouvellement du vaccin de la rage et il faut attendre au minimum 30 jours à la suite de ce vaccin pour effectuer le prélèvement sanguin.
Nous devions donc le faire en voyage, sans parler correctement la langue et auprès de laboratoires agréés situés en Europe… Cela s’annonçait pratique !!!! Et cela l’a été !
À chaque passage de frontière nous avons demandé à faire cet examen auprès du vétérinaire que nous rencontrions ou auprès des ministères qui visaient notre certificat. Et à chaque fois la réponse était la même : il n’est pas nécessaire de faire cet examen ! Eh bien si, il est obligatoire et doit être fait au minimum trois mois avant notre retour en France, sachant qu’il faut compter le temps d’acheminement au laboratoire en Allemagne, du test et du virement bancaire (soit au minimum 20 jours), le temps commençait à nous être compté puisque nous rentrons dans moins de cinq mois.
Et cette fois-ci nous avons réussi à faire ce fameux examen 🎉🎉🎉 mais non sans mal ! En effet, nous nous sommes rendus chez un vétérinaire, nous avons attendu environ une heure pour qu’il nous dise qu’il n’avait pas le temps ni les moyens de le faire et nous a envoyé chez un confrère.
Seulement nous étions à La Paz et l’adresse à laquelle il nous a envoyé se trouvait à l’autre bout de la ville !!! Durant notre séjour dans cette ville nous avions soigneusement évité d’y circuler en camping-car en nous stationnant dans un parking en banlieue et en utilisant le téléphérique, et là nous nous retrouvions obligés de traverser la ville juste avant de la quitter car Eko n’est pas accepté dans le téléphérique. Cela nous a pris 1h30 aller, 1h30 retour et quelques sueurs froides ! Mais miracle, ils connaissaient cet examen et pouvaient le réaliser 🍾 ; moyennant tout de même la coquette somme de 300 € (177 € pour le vétérinaire, 79 € pour l’envoi et 43 € pour le laboratoire). Je pense que le coût aurait été bien moindre en France… Bref, nous allons enfin pouvoir arrêter de penser à cela jusqu’à la fin de notre voyage ! Une bonne chose de faite !

À cause de cette dépense et d’une dépense de garage de 295 € notre budget quotidien n’a pas baissé autant que je l’espérais en Bolivie. Nous avons tout de même gagné 2/3 € par jour et nous sommes presque dans le budget prévisionnel.

Nous avons passé notre première nuit dans un garage, à Cochabamba, juste avant d’arriver à La Paz. Nous avons cassé une suspension arrière (une de celles qui ont été changées au Chili il y a 9000 km…), nous avons donc dû les remplacer de nouveau. Nous avions également notre collecteur d’échappement fissuré que nous avons fait ressouder, nous avons fait graisser les roulements et changer les filtres. Nous en avons eu pour deux jours.
Nous en avons profité pour aller chez le coiffeur et ensuite nous avons visité la ville et son très grand marché. Nous y avons fait d’étonnantes découvertes !

Le garage

La première découverte (sur un écran de télévision dans le marché) fut la lutte des Cholitas (les femmes en tenues traditionnelles) !!!! Il est également possible d’assister à des « combats » à La Paz, mais nous nous sommes épargnés cela, la vision de cette scène à la télévision nous a déjà suffisamment interloqué !

Deuxième découverte encore plus déconcertante : l’allée des offrandes, ses fœtus de lamas séchés et ses bébés lamas morts.
Il est de coutume d’enterrer un fœtus sous chaque nouvelle construction, tout comme, au lieu de pendre une crémaillère, ils sacrifient un petit lama blanc afin de répandre son sang autour de la nouvelle maison…

Changeons de sujet ! Lors de la visite de ce marché Noémie était très sollicitée (Léa également mais dans une moindre mesure car elle est plus grande je pense). De très nombreuses personnes (surtout les femmes et encore plus celles d’un certain âge) la trouvent « que linda », c’est-à-dire « trop mignonne » ou « tellement jolie ». Nous avons l’habitude de cela mais cette fois-ci plus particulièrement. Ces mots sont les premiers mots que nous avons bien compris en espagnol car nous les avons entendus au moins une centaine de fois depuis le début de notre voyage !

Avant Cochabamba nous avons fait une légère incursion en Amazonie à Villa Tunari.
La route que nous avons empruntée pour nous y rendre est probablement la plus dangereuse de notre voyage à ce jour. Ce n’était pas la route en elle-même qui était dangereuse (bien qu’elle soit en partie en travaux) mais le comportement de ses usagers. Les Boliviens occupent la première marche du podium des pays que nous avons visité à ce jour en ce qui concerne la conduite dangereuse !
Une partie de cette route est une route de montagne, il y a un trafic très dense de poids lourds, bus, mini-bus et de voitures. Les poids lourds sont bien souvent mal entretenus (et donc régulièrement en panne au bord de la route), les mini-bus, les bus et les voitures doublent sans aucune visibilité provoquant parfois la création d’une troisième voie et/ou obligeant le conducteur d’en face à rouler sur le bas-côté pour éviter l’accident ! Nous avons bien évidemment fini par rencontrer un accident et je suis étonnée que nous n’en n’ayons croisé qu’un seul. Heureusement, la Bolivie a grandement amélioré son réseau routier ces dernières années (nous avons emprunté un grand nombre de belles routes neuves et beaucoup d’autres sont en construction) car les Boliviens doublent dès qu’ils en éprouvent la nécessité, peu importe si les conditions de sécurité ne sont pas réunies ; ils ne portent pas de ceinture de sécurité, respectent peu les feux tricolores et la courtoisie au volant n’existe pas dans ce pays. Personne ne laisse passer personne et les piétons n’ont qu’à attendre le bon moment pour traverser. Les plus mauvais conducteurs étant les « professionnels » qui transportent des passagers (les bus et mini-bus) !

C’est une route de montagne à double sens et dans les nuages, mais tout le monde double quand même…

Bref, nous sommes arrivés en entier à Villa Tunari où la chaleur et l’humidité sont difficilement supportables !
Nous n’avons jamais autant vu de bananes que dans cette région où il y a beaucoup de plantations.
La ville se dit tournée vers l’écotourisme (s’est écrit en gros sur une arche en y entrant 🤔 ) et il s’y trouve des parcs d’activités « nature ». Plusieurs étant fermés ou dans un mauvais état, nous n’avons fait qu’un parc d’accrobranche.
Nous avons également rencontré pour la première fois des membres d’une communauté mennonite (communauté en partie semblable à la communauté Amish) présente essentiellement dans l’Est bolivien mais aussi au Paraguay.
Nous avons ensuite quitté la ville assez rapidement le climat n’étant vraiment pas agréable…

Après 24 jours en Bolivie, nous avons donc rejoint le Pérou. Nous ne sommes pas restés très longtemps dans ce pays car nous avions déjà visité le sud il y a six ans et nous ne souhaitions pas nous rendre au nord en Amazonie.

Le passage de frontière s’est très bien passé cette fois-ci (malgré qu’il nous ait fallu payer 27 € pour faire entrer Eko dans le pays), contrairement au dernier, et nous avons rejoint le lac Titicaca.
Lors de notre première escale au Pérou, à Chucuito, nous sommes tombés sous le charme de l’environnement d’un bel hôtel au bord du lac. Le tarif n’étant pas prohibitif (60 € la nuit petits déjeuners inclus) nous avons décidé de nous offrir ce petit plaisir et d’y passer une nuit. Après six mois uniquement de douches, les filles s’en sont donné à cœur joie dans la baignoire en prenant deux bains d’une heure ! Un peu de luxe nous a fait beaucoup de bien !

Nous avons ensuite visité les îles Uros (ou îles flottantes) sur le lac Titicaca. Nous les avions déjà visitées il y a six ans mais comme nous pensions que cette visite plairait aux filles nous l’avons refaite. Et effectivement elles ont adoré faire du bateau et être déguisées !

Explication sur la construction des îles flottantes qui ont une durée de vie de 50 à 60 ans

Nous nous sommes ensuite dirigés vers Rainbow Mountain (ou la montagne aux sept couleurs) non loin de Cusco à 5200 m d’altitude.
Il nous a fallu 1h20, à cette altitude, pour parcourir très lentement le sentier de 1,8 km et les 300 m de dénivelé !
Le beau temps n’était pas avec nous mais les couleurs étaient tout de même superbes.

La piste pour s’y rendre est magnifique

L’étape suivante nous a emmené à Nasca. Nous avons fêté nos six mois de voyage sur la route avec des paysages à couper le souffle !

Le pont du taureau mort, avec un vrai taureau mort !
Les fameuses lignes et figures de Nasca
Les lignes de Palpa
Sur notre spot à notre retour d’une balade à vélo !
Séance câlin pour Koko

Puis, après plus d’un mois en altitude, nous étions pressés de retrouver la mer ! Nous y sommes depuis trois jours, à Paracas 👍 .

Réserve nationale de Paracas
Playa Roja

À bientôt !