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– 7 pays visités (l’Uruguay, le Paraguay, l’Argentine, le Chili, la Bolivie, le Pérou et l’Équateur)
– 30000 km parcourus
– 345 jours de voyage
– 37500 € de dépenses tout compris (hors achat et amélioration du camping-car) . 9700 € de shipping 😱 (3200 € de shipping aller TTC de Anvers à Montevideo. 6500 € de shipping retour TTC de Guayaquil à Vlissingen) . 4065 € de billets d’avion . 1573 € d’assurance santé . 242 € de vaccins . 700 € de fournitures scolaires . 21100 € de dépenses sur place (soit 62 € / jour. Nous étions à 10 € de plus / jour avant le confinement) Dont 30 % de courses alimentaires/hygiène 25 % de frais liés au transport/réparations 13 % de restaurants 10 % d’hébergement/chauffage 7 % de tourisme 6,7 % d’achats divers 390 € de frais de lessives 🤣
Thomas a obtenu sa mutation à Lyon dès sa reprise le 1er septembre. Nous l’avons appris le 21 août alors que nous étions au parc Disneyland pour les 4 ans de Noémie (un peu en avance). Le 23 août (jour exact de l’anniversaire de Noémie) nous sommes donc arrivés au camping de Dardilly aux portes de Lyon. Après un mois de vadrouille à visiter la famille nous nous retrouvions de nouveau dans notre camping-car, ce qui n’était pas pour nous déplaire !
Nous avons commencé par explorer la ville et les villages alentour afin de déterminer où nous souhaitions habiter. Cela nous a également permis de nous rendre compte que nous ne souhaitions plus vivre en appartement et que nous voulions un petit bout de jardin et de la verdure derrière nos fenêtres. Après trois semaines de recherches et trois visites de maisons nous avons trouvé notre bonheur et notre dossier a été accepté. Nous avons dû attendre deux semaines supplémentaires que la maison se libère et nous avons pu emménager le 1er octobre, après cinq semaines au camping.
Nous sommes en location à 25 km à l’est de Lyon et nous avons une grande maison de 120 m² avec un terrain de 800 m². La salle de bain, à elle seule, est aussi grande que notre camping-car ! Mais nous nous sommes très rapidement habitués à l’espace ! Les filles ont décidé d’occuper chacune une chambre différente et sont très contentes d’avoir un jardin, une salle de jeux et de redécouvrir leurs nombreux jouets ! Elles ont pris le chemin de l’école le 2 octobre. En effet, nous avons fait le choix de ne pas les scolariser tant que nous n’avions pas trouvé notre logement afin de ne pas leur faire subir un changement d’établissement seulement quelques semaines après leur rentrée dans une nouvelle école. J’ai donc continué à les instruire dans le camping-car, comme en voyage, durant tout le mois de septembre. Léa (qui est rentrée en CP) est très contente de retrouver la vie scolaire, d’avoir un cartable et de faire des devoirs ! Quant à Noémie pour qui c’est la toute première rentrée scolaire (en moyenne section) c’est un petit peu plus difficile. Elle préférerait « rester avec Papa et Maman ». De plus, l’obligation d’effectuer un temps calme (alors qu’elle ne fait plus de sieste depuis notre départ en voyage) est difficile pour elle. Pour Thomas la reprise a également été difficile. Le décalage entre notre mode de vie durant le voyage et le monde du travail est abyssal ! Quant à moi j’ai été très occupée par les filles jusqu’à ce qu’elles retournent à l’école et par la recherche de maison. J’ai ensuite passé une évaluation d’anglais (Linguaskill) afin de pouvoir postuler chez Transavia qui a ouvert ses recrutements entre le 1er et le 14 octobre. J’attends une date de sélections mais ces dernières ont été suspendues à cause du second confinement qui a commencé le 30 octobre. Je vais également débuter un bilan de compétences mi-décembre. Enfin, Eko semble très content de sa nouvelle maison avec jardin (il y a trouvé une oreille de buffle appartenant à l’ancien chien de la maison 🎁 ) après tout de même une période d’adaptation un peu stressante pour lui comme à chaque changement de lieu. C’est d’autant plus difficile qu’il a quasiment perdu la vue (sa vision n’a fait que se dégrader depuis six ans lorsqu’il a subi un déchaussement du cristallin. Et il a eu une perte importante lors de deux crises d’hypertension oculaire en octobre dernier).
Malgré notre installation réussie nous sommes nostalgiques de notre vie de voyageur et rêvons de repartir pour une durée indéterminée… Nous trouvons qu’une vie sédentaire manque d’intérêt et regorge de problèmes. Nous faisons l’expérience que plus nous possédons de choses et plus nous avons de soucis. Lorsque nous voyagions nous étions légers, exempts de beaucoup de charges. Seulement, Léa ne serait pas heureuse si nous décidions de repartir car elle préfère aller à l’école, avoir une grande maison et voir sa famille et ses amies plus souvent.
De plus, nous n’avons pas encore trouvé le moyen d’avoir des revenus réguliers tout en voyageant.
À nous maintenant de créer le mode de vie qui nous conviendrait à tous, un juste compromis entre la vie de voyageur et la vie sédentaire… Si cela est possible…
« Le secret du bonheur est la liberté. Le secret de la liberté est le courage » , Périclès.
Après trois mois et trois semaines sur notre plage nous avons quitté Montañita le 7 juillet au matin. Nous avons pris un petit déjeuner tous ensemble pour fêter notre départ, mais aussi et surtout l’anniversaire de Julian, un des occupants des camions.
Avec MarcosDernière photo sur le campement juste avant le départ…
Nous étions émus et heureux. Émus de quitter ce lieu et ces personnes avec qui nous avons vécu une part significative de notre voyage ; et heureux d’enfin quitter notre prison (dorée). Nous avons ressenti un immense sentiment de liberté en prenant la route avec notre camping-car. Nous observions absolument tout sur notre passage car nous faisions nos premières découvertes depuis des mois et nous savions aussi que ce serait les dernières car nous étions en train de parcourir les 175 derniers kilomètres de notre année de voyage.
Nous étions un peu stressés de rejoindre une grande ville et de côtoyer plus de personnes nous qui vivions dans notre petit cocon depuis le début de la pandémie. Nous sommes directement allés au parking d’une société de véhicules de transport touristique dans lequel nous avions prévu de stationner. La société était à l’arrêt nous étions donc très tranquilles. Nous y avons passé sept jours à tout nettoyer, ranger et à faire quelques réparations dans le camping-car.
Non, ce n’est pas le bazar !
Nous avons tenté de découvrir un peu la ville à vélo mais tout ou presque était encore fermé, y compris les parcs, les jardins et les promenades. Des restaurants étaient tout de même ouverts, ainsi que les centres commerciaux et quelques boutiques. Cela nous a semblé étrange de pouvoir faire les magasins après des mois en ayant fréquenté seulement le petit supermarché de Montañita.
Nous nous sommes offert un très bon repas dans un restaurant de poissonsEt un le long du Malecón 2000 (promenade le long du fleuve Guayas)Parc aux iguanesGuayaquil est la ville des iguanes, il y en a un peu partout
Les mesures sanitaires sont très strictes et très respectées à Guayaquil. Il y a des marquages dans tous les lieux publics et établissements privés recevant du public au niveau du sol et sur les sièges afin de respecter la distanciation entre les personnes. À chaque entrée d’établissement et de centre commercial, dans chaque magasin, un garde prend votre température et vous désinfecte les mains avant d’entrer. Le port du masque est obligatoire partout, y compris pour les enfants. Il faut dire que les habitants de Guayaquil ont vécu l’horreur durant les mois de mars et avril. La ville a été débordée par le nombre de malades et de morts. Les hôpitaux et les services funéraires n’ont pas pu faire face à la demande, obligeant des familles à entreposer les corps de leurs proches dans la rue car l’odeur devenait insoutenable dans leur habitation. Mais aujourd’hui, Guayaquil a le taux de contamination le plus bas d’Équateur.
Les deux derniers jours avant de livrer le camping-car au port nous avons logé chez une connaissance de mon frère car nous avions du mal à trouver un logement où nous pouvions garer le camping-car. En effet, il était indispensable que nous n’habitions plus à l’intérieur afin de pouvoir finir de le ranger correctement, de pouvoir charger les vélos et tout arrimer.
Thomas a deposé le véhicule au port le 16 juillet. Un contrôle anti-narcotique a été effectué. Nous y sommes retournés le 17 pour le contrôle douanier. Après ces presque deux jours de démarches (et surtout d’attente…) le camping-car a été chargé sur son porte-conteneurs. En effet, pour le retour, le camping-car n’a pas fait le trajet dans un bateau RORO (Roll-in/Roll-off, c’est-à-dire rempli de véhicules). Nous avons choisi le Pacific Reefer car il était moins cher. L’inconvénient est que le camping-car a voyagé sur le pont du bateau, il a donc été davantage soumis aux embruns et à leurs effets néfastes. Cela dit, après près de quatre mois sur la plage, ce ne sont pas deux semaines en mer qui feront une grande différence… Le bateau a largué les amarres le 18 juillet comme prévu.
6h du matin dans l’attente de notre agent à l’entrée du portLe camping-car chargé sur son bateau
Après cette mission accomplie, nous nous sommes mis en quête de billets d’avion. Le problème était que les vols commerciaux venaient tout juste de reprendre (début juillet) et que la France n’a ouvert ses frontières qu’à 15 pays pour le moment (en Amérique du Sud seulement à l’Uruguay). Il y a donc quelques vols vers l’Europe mais réservés aux résidents et ressortissants européens et certains sont annulés. Les prix sont exorbitants, nous visions un vol KLM à 1350 € par personne ! Nous n’arrivions pas à nous résoudre à dépenser une telle somme, nous regardions cinq/six fois par jour les sites des compagnies. Nous avons ensuite repéré un vol Iberia mais nous n’arrivions pas à le réserver et il était tout de même à 1000 €/pers. Et miraculeusement, après deux jours de recherches intensives et lors d’une énième tentative, le vol Iberia s’affiche à 650 €/pers et nous réussissons à le réserver !!!! Nous reste plus qu’à acheter un vol Guayaquil/Quito et Madrid/Paris puisque le vol Iberia ne comprend que le trajet Quito/Madrid… En effet, impossible de réserver depuis Guayaquil et seul KLM proposait une correspondance vers Paris. Nous devions donc effectuer trois réservations indépendantes et prendre le risque de perdre les autres si un vol avait du retard ou été annulé… Par précaution nous avons donc pris un vol Guayaquil/Quito presque 36h avant notre long courrier. Nous avions également le risque que l’un des deux chiens que nous transportions soit refusé à l’enregistrement d’autant que nous n’avons pas pu réserver leurs places lors de l’achat de nos billets. S’en est suivi de multiples et laborieux appels téléphoniques pour les ajouter à nos réservations et en ayant la confirmation de leur embarquement seulement à l’aéroport. Nous avions deux chiens car nous avons raccompagné en France Neptuno, le chien d’une famille française qui voyageait en Équateur en véhicule comme nous et dont le vol de rapatriement qu’ils ont pris n’acceptait pas les animaux. Nous ne les connaissions pas physiquement, nous avions seulement échangé des messages d’informations au cours de notre voyage par l’intermédiaire de voyageurs en commun.
Le lundi 20 juillet au matin, nous nous sommes donc rendus à l’aéroport de Guayaquil pour notre premier vol. Impossible d’entrer dans l’aérogare sans effectuer un test de dépistage COVID au préalable. Une grande tente était installée sur le parking et en 15 minutes un test des IgG et des IgM a été réalisé gratuitement avec une gouttelette de sang. Nous étions tous les quatre négatifs, ouf ! Après une désinfection de tous nos bagages, de nos mains et une prise de température nous pénétrions enfin dans le terminal.
Dans l’attente des résultats
La distanciation dans l’aéroport est respectée à tout moment grâce au marquage sur chaque siège, chaque table et au sol jusqu’à notre installation dans l’avion. Il y avait même un employé qui circulait dans l’aéroport équipé d’un casque à visière détectant les personnes fiévreuses. À l’arrivée, tous les passagers devaient rester assis et le chef de cabine annoncait les deux demi-rangées autorisées à débarquer et ainsi de suite. Les hôtesses étaient équipées de masques, blouses, gants et visières, et nous n’avons pas eu de service. Avianca est la compagnie la plus rigoureuse que nous avons prise. Nous avons ensuite passé notre dernière nuit sur le continent sud-américain dans un hôtel tout près de l’aéroport de Quito. Il nous restait une formalité à accomplir pour Eko après avoir obtenu l’habituel certificat de bonne santé par un vétérinaire à Guayaquil. Dans un premier temps nous avons dû nous rendre dans une banque pour s’acquitter d’un paiement, puis à l’équivalent de notre ministère de l’agriculture (Agrocalidad) muni de tous les documents demandés afin d’obtenir le sésame autorisant la sortie du territoire de notre chien vers l’Europe. Et voilà, après 11 mois et 10 jours sur le sol sud-américain nous sommes au dernier jour de notre voyage.
Notre dernière chambre d’hôtelLe panier de Koko est resté dans le camping-car mais il s’en est trouvé un autre !Navette en direction de l’aéroport
Thomas et moi n’avons quasiment pas fermé l’oeil malgré un vol de nuit. S’en est suivi un fort désagréable moment à l’enregistrement de notre vol pour Paris. En effet, le responsable de l’enregistrement, vraisemblablement de mauvaise humeur ce jour là, soutenait que la cage soute de Neptuno n’était pas conforme, alors qu’elle l’était. Cela nous a pris environ une heure et beaucoup d’énergie pour obtenir gain de cause et après un contrôle minutieux des papiers des chiens nous avons enfin pu être enregistrés. Ensuite, lors de notre embarquement sur notre dernier vol l’hôtesse de l’air m’a dit « laissez respirer vos filles » car je ne leur ai pas enlevé les masques qu’elles portaient, malgré sa remarque me spécifiant que ce n’était pas obligatoire pour les enfants de moins de 11 ans et que l’on respire mal dans un masque. À cet instant je me suis demandée si nous n’allions pas prendre un vol dans l’autre sens et retourner en Amérique du Sud. Jamais nous n’aurions eu ce genre de désagrément là-bas. On y entend sans cesse : « il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions » . Tout est simple, la personne en face de vous vous demande de quoi vous avez besoin et vous le fournit. Si elle ne peut pas elle vous envoie vers quelqu’un d’autre. On ne vous laisse quasiment jamais sans solution et les sud-américains ont vraiment le sens du service. En France (et visiblement en Espagne aussi) les échanges sont souvent pollués de remarques désagréables et inutiles, ce qui pourrait être simple est souvent compliqué inutilement. C’est ce qui nous a le plus frappé en rentrant. J’avais souvent entendu parler de la mentalité française en mal, sans vraiment comprendre, mais je comprends mieux aujourd’hui…
Après ce long périple, nous sommes donc arrivés en France le 22 juillet au soir. La famille de Neptuno attendait leur chien impatiemment à l’aéroport après quatre mois de séparation ! La sœur de Thomas est venue nous chercher et des amis nous attendaient à l’appartement des parents de Thomas (où nous avons logé les premiers jours) avec le repas, des courses, du bon fromage, du champagne et un bon vin rouge !
Nous avons mis une dizaine de jours à nous remettre du décalage horaire (il y a 7h de moins en Amérique du Sud). Les réveils étaient très difficiles. Nous nous couchions vers 1h du matin pour nous lever vers 10h. Le deuxième jour a été le plus difficile, Noémie piquait du nez durant le petit-déjeuner !
Les filles ont noté des changements en France par rapport à l’Amérique du Sud. Léa était surprise que son père descende de la voiture à la station-service pour mettre l’essence lui-même ! Noémie nous réclamait du « vrai yaourt » , liquide et en bouteille. Quant à nous, nous trouvions toutes les voitures luxueuses et les gens très apprêtés ! Cela nous a également fait bizarre d’entendre parler français autour de nous. Du coup nous avions l’oreille attirée et nous écoutions toutes les conversations ! Nous prêtons également plus attention aux étrangers.
Après une dizaine de jours sur Paris et quelques repas entre copains nous avons commencé nos visites aux parents et frères. Les filles ont enfin pu revoir leurs cousins qui leurs manquaient beaucoup et ont été très heureuses de retrouver leurs jouets stockés chez Papi et Mamie.
Mais nous avons aussi déjà récupéré notre camping-car ! Le bateau est arrivé au port de Vlissingen aux Pays-Bas le 3 août. Les filles ont été très surprises (et nous aussi) car nous leur avions annoncé que nous devions passer des frontières et elles s’attendaient à un passage long et compliqué à plusieurs bureaux (comme en Amérique du Sud) alors qu’en fait nous nous sommes aperçus que nous changions de pays seulement grâce à un petit panneau bleu du drapeau européen avec le nom du pays.
Il n’aura fallu au camping-car qu’une quinzaine de jours pour venir d’Équateur ! Nous avons d’ailleurs trouvé un article de presse parlant de notre bateau (le Pacific Reefer) car cette ligne quasi directe entre l’Équateur et Dunkerque a été très récemment ouverte afin de transporter rapidement des ananas. Sur notre bateau il y en avait 400 T. Notre transitaire ne nous a pas proposé de débarquer le camping-car à Dunkerque, peut-être que cela n’était pas possible. Non seulement le bateau est arrivé à la date prévue mais en plus le camping-car est arrivé indemne (ou presque) ! Le marchepied ne fonctionne plus correctement depuis qu’un policier lors du contrôle anti-narcotique à Guayaquil est monté dessus alors qu’il était en position fermé. Nous n’avons pas encore eu le temps de regarder. Nous n’avons eu aucune dépense supplémentaire à régler à Vlissingen et la récupération du véhicule a été extrêmement rapide. Nous sommes vraiment contents de ce shipping qui aurait pu être parfait sans le marchepied abîmé et le prix très élevé !
Qu’en est-il maintenant ? Thomas a demandé sa mutation à Lyon au mois de juin mais nous n’avons toujours pas de réponse à ce jour. Nous n’avions pas envie de revenir à notre vie d’avant après avoir vécu cette expérience marquante. Quant à moi, j’ai été convoqué à un entretien en visio par Air France durant le confinement. En effet, au mois de décembre j’avais postulé aux sélections dédiées aux anciens personnels d’Aigle Azur et de XL. J’ai passé mon entretien à 2h du matin (9h française) et j’ai été retenue. Malheureusement, la situation économique actuelle ne permet pas à Air France de prévoir des embauches à court terme, ma candidature est donc en attente jusqu’à d’éventuels besoins. Lors de l’entretien, la recruteuse m’a évoqué un délai d’intégration de deux à trois ans. Je continue donc de postuler pour retrouver un emploi d’hôtesse de l’air mais je vais en parallèle effectuer un bilan de compétences afin de m’orienter vers autre chose si cela n’aboutit pas.
Le déconfinement tant espéré le 16 juin ne s’est malheureusement pas produit… Nous sommes passés de l’état d’urgence à l’état d’exception pour deux mois supplémentaires. Cela fait maintenant trois mois et trois semaines que nous sommes confinés et nous savons désormais que notre voyage est terminé ; nous ne pourrons plus rouler, ni visiter, avant de quitter le pays. Nous avons donc commencé par chercher un bateau retour pour le camping-car. Après de nombreuses demandes de devis et peu de réponses, nous avons choisi le même transitaire qu’à l’aller qui a le tarif le moins élevé (car notre camping-car voyagera sur le pont du bateau). Le prix est tout de même exhorbitant : 5500 US$ auquel il faudra ajouter des taxes et frais divers… Le départ du bateau est prévu le 17 juillet de Guayaquil (une ville située à 175 km). Nous devons déposer le camping-car au port au plus tard le 16 juillet (si le bateau n’a pas de retard). Nous attendons d’avoir livré le véhicule afin de réserver nos billets d’avion car nous devons obligatoirement être présents pour le contrôle anti-narcotique qui se déroule peu de temps avant le chargement. Si le bateau a du retard, le contrôle sera également décalé. Nous prévoyons de quitter notre plage de Montañita demain afin de nous rendre à Guayaquil.
Nous avons fêté l’anniversaire de Thomas il y a trois jours. Il devait être le seul de nous quatre à ne pas fêter son anniversaire en voyage car nous devions rentrer fin juin, mais les évènements en ont décidé autrement ! Nous l’avons célébré à la sud-américaine avec une parrillada, et comme nous sommes à Montañita, une partie de beach-volley et une baignade s’imposaient ! Super journée !
Les cadeaux des fillesDepuis début mai le temps est de plus en plus gris et pluvieux et les températures oscillent entre 20 et 25 °C. L’hiver est arrivé mais nous sommes toujours en short.
Petit à petit des commerces réouvrent à Montañita. Les filles ont fait leur première sortie dans le village il y a peu. Nous avons commencé par une balade à vélo, puis nous sommes allés manger une glace, et enfin nous avons fait notre premier restaurant depuis quatre mois ! Nous étions très heureux, cette sortie nous a rappelé lorsque nous pouvions voyager… Cela nous a fait un bien fou de retrouver la vie normale l’espace d’une soirée, mais cela nous a aussi rendu un peu nostalgiques car cela nous a rappelé que nous avons perdu des moments exceptionnels. Cette pandémie nous a volé trois mois du voyage de notre vie, trois mois de découvertes, d’émerveillements, de surprises, d’imprévus, de rencontres, de liberté… La vie sur les routes était tellement magique… Nous avons de très bons souvenirs à Montañita mais nous aurions préféré terminer notre itinéraire ; contrairement aux filles (et surtout Léa) qui en avaient assez de rouler.
La première sortie des filles en villeLe premier restaurant depuis des moisLes filles squattent le van de Marcos pour regarder un filmNous avons inauguré notre sangle de tractage. Ce n’était pas pour nous mais pour Chris et Jenny qui ont eu des difficultés à sortir leur véhicule du sable après plusieurs semaines sans bouger.Cadeaux des filles pour la fête des pères qui est bien moins célébrée ici que la fête des mèresSéance de skate avec Marcos sur un parking juste à côté de l’aubergeLe port de MontañitaLe rocher emblématique de Montañita30 ans de JennyNous nous sommes fait fabriquer une nouvelle planche à découper 👍.Séance photos souvenirsSéance câlinCréation pendant l’écoleTournage d’un « clip » avec tous les occupants des camions sur la chanson « Everythings gonna be alright » de Bob Marley
Nous sommes émus et heureux d’enfin quitter Montañita mais nous laissons tristement derrière nous une petite chienne des rues que nous avons connu bébé et qui vit maintenant sur le campement depuis plusieurs semaines. Nous avons songé à l’adopter mais impossible de faire les papiers et les examens nécessaires en confinement. Et nous pensons finalement que sa vie est ici, en liberté, sur la plage, même si nous craignons pour sa santé car personne ne lui administrera d’anti-parasite ou ne l’emmènera chez un vétérinaire si elle se fait percuter par une moto qu’elle adore courser dangereusement… 😢
Nous l’avons prénommé Ely
Avant de partir Thomas à fait une dernière visite dans un garage car nous avons une pièce fissurée au niveau du circuit de refroidissement. La pièce a été consolidée mais il y a encore une fuite. Espérons que cela tienne jusqu’en France…
Nous sommes maintenant prêts, tout est nettoyé et rangé et nous avons le salvoconducto qui nous autorise à nous rendre à Guayaquil.
La Colombie est le pays que nous attendions le plus… Nous avions prévu d’y passer trois mois. Mais, c’était sans compter sur cette pandémie qui nous a barré la route à sept mois de voyage. Cela fait maintenant deux mois et demi que nous attendons, à Montañita, l’autorisation de circuler et surtout l’ouverture de la frontière colombienne. Seulement, nous venons d’apprendre que l’état d’urgence sanitaire en Colombie est prolongé jusqu’au 31 août et donc la fermeture des frontières également. Notre dernier délai pour rentrer en France est fin juillet. Nous cherchons donc des contacts pour le retour en bateau de notre camping-car que nous ne pouvons pas vendre car il est en importation temporaire et qui doit repartir avec nous lorsque nous quitterons le territoire. Nous avions déjà fait quelques devis il y a plusieurs semaines et les tarifs proposés étaient exorbitants (autour de 10000 $). Nous espérons trouver moins cher !
Le confinement en Équateur est maintenu pour le moment jusqu’au 15 juin. Nous croisons les doigts pour être libérés à cette date et pour que les administrations réouvrent afin de pouvoir mettre à jour nos autorisations de présence sur le territoire, sans quoi le véhicule ne peut pas être shippé (transporté par voie maritime).
Heureusement, nous nous sentons toujours très bien à Montañita. Notre séjour aura permis aux filles d’avoir moins peur des chiens et de la piscine que nous cotoyons tous deux quotidiennement.
Nous avons fêté le premier anniversaire de notre petite colocatrice péruvienne, Lola.
Les filles lui ont confectionné des cadeauxLe père de Lola étant argentin, nous n’aurions pas pu fêter son premier anniversaire sans une énorme parrillada ! Chacun a cuisiné sa meilleure spécialité. Ici, les ceviches du patron 😋Un des occupants de l’auberge nous a même offert un spectacle de boules de feu
Nous avons aussi célébré la fête des mères qui a lieu le deuxième dimanche du mois de mai dans certains pays d’Amérique du Sud dont l’Équateur. Cette fête est très importante notamment au Chili, au Pérou et en Équateur. C’est par exemple le seul jour de l’année où tous les magasins sont fermés au Chili et la deuxième fête de l’année (après Noël) en terme économique. Durant cette journée il y avait même des familles qui se baladaient sur la plage durant le couvre-feu, mais comme disent les locaux : « c’est la fête des mères, tout est permis, il n’y a pas de coronavirus aujourd’hui » . À l’occasion de cette fête il est de coutume de faire un grand repas en famille, à la maison ou au restaurant, avec comme dessert un gâteau célébrant toutes les mamans présentes. Ce repas est souvent suivi d’une balade ou d’une activité et d’une distribution de cadeaux et de fleurs.
Mon bouquet de fleurs sauvages pour la fête des mèresJ’ai également reçu une belle robe en cadeau. Léa avait demandé à Thomas de m’acheter un bijou ou une robe en allant faire les courses au supermarché ☺️ .
Nous avons également assisté à des grandes marées avec de fortes vagues et durant lesquelles la mer est montée quasiment jusqu’à notre campement.
Nous mangeons toujours très bien car nous avons, et prenons le temps de cuisiner. De plus, nous sommes très bien approvisionnés en nourriture en Équateur. Nous avons une multitude de fruits et légumes tous issus du pays, ainsi que des poissons, du quinoa… Nous mangeons très varié.
Petit échantillon de fruits exotiques : papaye, corossol et pitajaya.Une seule courgette suffit ici pour faire plusieurs plats !Cookies cuisinés pour les filles (avec leurs initiales) par notre petit voisin Vicente.
Nous mangeons varié mais pas toujours léger ! Heureusement, nous avons totalement arrêté de boire de l’alcool et faisons du sport au minimum tous les deux jours. Nous espérons ainsi ne pas prendre de poids et peut-être même en perdre un peu !
Enfin, nous sommes touchés par les manifestations de solidarité qui se mettent en place et nous sommes heureux de pouvoir aider. En effet, plusieurs personnes rencontrent de grosses difficultés financières puisqu’elles ne peuvent plus travailler durant le confinement et n’ont pas d’économie. Un monsieur notamment passe sur le campement demandant très pudiquement de l’aide sous forme de nourriture. Nous avons également quelqu’un parmi nous qui n’a plus du tout d’argent depuis plus d’un mois et donc ne peut effectuer aucun achat. Chacun offre une part du plat qu’il a cuisiné ou autre chose, ou bien lui achète ce dont il a besoin lorsqu’il va faire ses courses. Une association, en partenariat avec la ville, est venue nous distribuer à tous (occupants et patron compris) une aide alimentaire sous forme de sac contenant des aliments de base. Nous l’avons refusé en demandant de le donner à une famille qui en a besoin, mais l’intention était très touchante. La solidarité ici s’organise à l’échelle du village, c’est concret et émouvant.
Je souhaitais, durant ce voyage, que nous prenions le temps de nous arrêter quelque part afin de prendre des cours d’espagnol et d’aider en consacrant du temps à une association en faveur des enfants et/ou de l’environnement. Et bien, d’une certaine façon nous l’avons fait. Pas comme je l’imaginais, et à une moindre échelle, mais nous avons pris des cours d’espagnol, nous aidons des personnes en difficulté et nous avons fait trois sorties pour ramasser des déchets sur la plage (en plus des déchets que nous avons ramassé régulièrement tout au long de notre voyage).
Au jour d’aujourd’hui nous avons bon espoir de pouvoir rouler de nouveau à partir du 16 juin car ici la situation s’améliore et se détend progressivement. En effet, depuis le 4 mai certains commerces ont pu rouvrir et depuis une à deux semaines les règles s’assouplissent progressivement suivant les cantons et leur degré d’infection. Il y a maintenant trois couleurs de région : rouge, orange et vert. Progressivement chaque canton, suivant certains critères (taux de personnes infectées sur un échantillon testé, nombre de malades, taux d’occupation des centres de santé…), passe du rouge au orange, puis au vert. Notre canton est passé en orange depuis le lundi 25 mai, cela implique que le début du couvre-feu n’est plus à 14h mais à 21h. Les véhicules personnels peuvent circuler deux jours par semaine au lieu d’un (en fonction de leur plaque d’immatriculation), les gens peuvent retourner travailler, les transports en commun reprennent doucement… Tout cela en respectant les règles de distanciation, le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics et les entreprises doivent appliquer des règles de désinfection très strictes. Une nouvelle phase est attendue à partir du 1er juin avec notamment la reprise progressive des vols commerciaux nationaux et internationaux. Pour toutes ces raisons, nous espérons que la circulation entre régions sera de nouveau autorisée à partir du 16 juin 🤞 . Si ce n’est pas le cas nous commencerons les démarches pour rentrer en France.
L’école, nous arrivons bientôt à la fin du programme 👏.Les filles jouent à faire les courses, avec leurs masques…Nous admirons le coucher du soleil toujours au même endroit, et pourtant, il est chaque jour différentSéance dessins animésMission rechargement des bouteilles de gazLes filles sont en train de peindre des couverts en bois que Thomas leur a fabriquéUn phasme 😱.Les filles aident à la préparation d’un poisson. chez les voisinsParcours d’équilibre construit par ThomasNe pas se fier aux apparences : Thomas passe très peu de temps dans les hamacs !Dernières créations
Nous n’avons jamais eu autant le temps de vivre. Lorsque je repense à notre vie depuis que nous avons les filles et jusqu’à notre départ en voyage : nous n’avions jamais le loisir de nous ennuyer. À certaines périodes je n’avais même pas assez de temps pour dormir suffisamment. Entre nos travails, la crèche, l’école, les filles en bas âge, le chien… Je rêvais de ne pas avoir en permanence une liste de choses à faire. Et enfin, depuis le début de notre voyage, et après une période ultra chargée de un mois et demi avant le départ, nous avons du temps et la liberté d’en faire ce que nous voulons. Quel luxe ! Et avec le confinement, nous avons perdu une partie de notre liberté mais nous avons gagné encore plus de temps. Le temps de faire tout ce que nous ne prenions pas, ou peu, le temps de faire. Le temps de cuisiner, le temps de faire du sport, le temps d’étudier l’espagnol, le temps de faire des activités, le temps de regarder les couchers de soleil… Je pense que nous regretterons tout ce temps, et que le retour à un rythme « normal » sera difficile lorsque nous reprendrons la route.
Malgré tout, les journées passent vite. Le matin nous allons courrir à tour de rôle avec Thomas. Puis nous faisons l’école et/ou l’intendance. L’heure de préparer le déjeuner arrive rapidement. Ensuite nous travaillons l’espagnol, allons à la piscine, faisons une activité, cuisinons, les filles jouent dans le sable et nous regardons le magnifique coucher du soleil sur le Pacifique après une partie de beach volley quand nous sommes motivés.
La vie en semi-communauté se passe très bien même si de temps à autre nous rêvons d’être seuls au milieu d’un magnifique spot sauvage. Nous avons la chance d’être confinés avec des « colocataires » humbles et respectueux. Nous passons de bons moments, nous partageons des repas ou une préparation culinaire parfois, des discussions, nous découvrons des morceaux de vie de chacun, nous voyons grandir Lola que nous avons connu assise et qui aujourd’hui passe son temps à escalader ! Nous fêterons son premier anniversaire dans moins d’une dizaine de jours et peut-être assisterons nous à ses premiers pas. Ce sont tous des voyageurs au plus long cours que nous n’ayant pas d’impératif de retour.
Nous avons eu un départ du campement, celui de Yann (le Français) qui est maintenant dans une maison de campagne en montagne où il effectue un volontariat. Il a prétexté se rendre à l’aéroport pour rentrer en France afin de pouvoir circuler. Son départ, et celui de sa chienne Summer, ont laissé un vide.
Koko et son copain Chaman respectant bien les consignes de distanciation ! Thomas s’est lancé avec succès dans le changement du neiman et du barillet du camping-car qui étaient très fatigués 😅Séance cinéma du samedi soir avec un film en anglais sous-titré en espagnol.Même si ce n’est pas la tradition en Équateur, les cloches sont passées 👍.Il a fallu être rapide afin que le chocolat ne fonde pas !Réalisation d’un drapeau de la France pour aller avec ceux de nos voisinsEncore un magnifique coucher de soleil…Un petit dernier…Les filles jouent avec leur copine LolaParrillada (presque une religion en Argentine) organisée par Pope l’Argentin 😋.Rare entorse à la distanciation, difficile à respecter parfaitement lorsque l’on vie ensembleRetour des courses ! Le nouveau hobbie de Noémie : dessiner ses peluches.
Nous sommes entourés d’animaux. Des petits crabes sur la plage, aux vaches, en passant par les chiens, les chevaux, les ânes…
Tous les jours, peu avant 14h, un message prévenant du début du couvre-feu est diffusé par haut-parleurs : « Atención, atención… ». Il est courant en Amérique du Sud que les villages soient équipés de haut-parleurs dans toute la ville pour transmettre les messages de la municipalité.
Les mesures d’hygiène sont régulièrement revues à la hausse. À chaque fois que Thomas va faire les courses il découvre de nouvelles règles : barrières aux portes de la ville, portique projetant du produit désinfectant à l’entrée du supermarché, prise de température, passage sur un tapis en mousse imbibé de produit, trempage des billets dans du désinfectant, les commerçants et les employés de la ville sont très inventifs !
Le virus est désormais arrivé à Montañita. L’équipe municipale a notamment été très touchée. Ils nous ont d’ailleurs rendu visite, juste après mon dernier article il y a un mois. Ils sont arrivés en trombe sur le campement avec un pick-up surmonté d’une énorme enceinte. La mairesse parlait très fort dans son micro, avec un ton alarmiste, pour nous dire que le pays était dans une situation très difficile, que nous n’étions pas en vacances, qu’il fallait respecter les règles de confinement… Cette démonstration n’était pas seulement à notre intention. Ils nous ont également demandé de déplacer les véhicules car nous empiétions sur le domaine publique et nous devions laisser un passage entre la rue et la plage. Après cette petite frayeur nous avons donc réorganisé le camp en nous serrant et en formant un carré avec les véhicules afin d’être à l’abri des regards et plus en sécurité. Un agent est revenu quelques jours plus tard pour demander cette fois-ci à notre logeur de bloquer les accès à la plage… 🤔 Nous ne les avons pas revu jusqu’à avant-hier où un représentant du quartier est venu recenser les occupants de l’auberge et du terrain, à priori en relation avec les aides alimentaires que la ville reçoit du gouvernement et pour communiquer avec les ambassades…
Tous les voyageurs que nous avons rencontré au cours de notre périple, avant le confinement, sont maintenant rentrés ou presque. Les derniers prennent un vol de rapatriement payant le 9 mai. Les pays européens organisent régulièrement des vols qui arrivent sans passager et repartent en priorité avec les ressortissants de leur pays, puis des ressortissants européens qui le souhaitent. L’ambassade a même organisé des navettes depuis la province pour se rendre à Quito car il n’y a pas de transport en commun. Les prix varient suivant la compagnie et les pays. Certains restent raisonnables, d’autres moins. Les voyageurs rentrés en France ont dû laisser leur véhicule en gardiennage dans le pays où ils se trouvaient et devront à priori revenir pour le vendre ou l’acheminer vers un port d’ici quelques mois. Nous espérons ne pas avoir à en faire de même en réussissant à rejoindre la Colombie et à embarquer notre camping-car sur un bateau à Carthagène en direction de l’Europe.
En revanche, l’espoir d’avoir encore le temps de visiter et l’espoir d’un retour « normal » en France où nous pourrions voir nos proches existe encore mais s’amenuise… La fin d’un tel voyage est déjà très difficile en temps normal, mais qu’en sera-t-il si de plus nous devions être confinés sans pouvoir nos proches… Nous préférons ne pas y penser.
Après plus d’un mois et demi de confinement nous souhaiterions que la situation évolue. Seulement, après une hypothétique date d’autorisation de circulation au 26 mai, les nouvelles plus récentes indiquent un confinement stricte au moins encore jusqu’au 31 mai. Soit deux mois et demi en tout pour le moment…
La réouverture des frontières colombiennes a été fixée depuis longtemps au 1 er juin, mais cette date peut évidemment évoluer. De plus, il y a de fortes chances que nous devions effectuer un quarantaine de 14 jours après notre entrée en Colombie. La libération n’est toujours malheureusement pas en vue…
Cependant nous ne sommes pas à plaindre. La météo est inlassablement au beau fixe, nous ne nous lassons pas de prendre notre douche en extérieur avec vue sur la mer, et notre budget quotidien fond comme neige au soleil (nous avons déjà perdu 10 € en passant de 78 à 68 € de dépenses par jour). Notre logeur à très gentiment divisé le prix de la nuitée par deux au bout de cinq jours de confinement, ce qui nous revient à 5 $ par jour. Les achats alimentaires en revanche ne sont pas bon marché mais restent tout de même un peu en dessous des prix français. Enfin, notre dernière dépense, le gaz ; ici, il est très peu cher : 2,5 $ la recharge de 14 kg.
Système D pour recharger notre bouteille de gaz argentine à l’aide d’une équatorienne
À bientôt avec, espérons-le, une date de déconfinnement.
Cela fait maintenant 18 jours que nous sommes sur le terrain d’une auberge de jeunesse à Montañita dans le sud de l’Équateur. Montañita est une station balnéaire réputée pour ses fêtes et ses vagues. Nous avons la chance d’être stationnés sur la plage, c’est donc sur un lieu de vacances que nous sommes confinés. Le propriétaire de l’auberge est très prévenant et nous n’avons aucun soucis avec les locaux et les commerçants (peut-être parce que la ville est d’ordinaire très touristique). Nous ne manquons de rien. La ville est dotée d’un supermarché relativement grand et de nombreux petits commerces. Tous les clients qui entrent dans le supermarché se font désinfecter les mains et doivent être munis d’un masque ; un employé désinfecte les chariots après chaque utilisation. La municipalité organise la désinfection des lieux publics et nous pouvons nous procurer des masques dans l’une des quatre pharmacies de la ville. Un de nous deux (souvent Thomas) sort en vélo faire des courses tous les quatre ou cinq jours.
Nous sommes une vingtaine de personnes dans l’auberge : une dizaine à l’intérieur et un dizaine repartie dans six véhicules sur le terrain. Il y a un couple de Chiliens avec un adolescent, un couple germano/argentin, un Français et un Argentin voyageant seuls, un couple argentino/péruvien avec un bébé de 10 mois, et nous. Les occupants de l’auberge sont : le patron, des volontaires et des employés saisonniers des commerces fermés.
Le campement à un peu évolué depuis cette photo car deux véhicules sont partis assez rapidement en vue de se rapprocher de la capitale pour un éventuel départ du pays.Devant l’aubergeDes animaux nous rendent régulièrement visiteTous les soirs nous assistons à un magnifique coucher de soleil sur le pacifiqueLe jour de notre arrivée, avant le confinement. Nous pensions alors rester deux nuits…Koko adore ce spot où il peut se balader à sa guise ! Il y a d’autres chiens, dont un molosse, mais à bientôt 11 ans il s’est assagi (et peut-être aussi parce qu’il ne voit plus beaucoup), il ne cherche presque plus la bagarre et ne s’éloigne pas trop.
Tout se passe très bien. Les uns et les autres s’entraident si nécessaire pour charger une bouteille de gaz, se prêter du matériel, faire du bricolage. Jenny (l’allemande) organise même des cours d’anglais ou d’espagnol. Nous cuisinons beaucoup : des cakes, des tartes, des gâteaux, des gambas, des bananes flambées…
Nous en avons aussi profité pour nous mettre à jour sur les petits entretiens que nous avions à effectuer sur le camping-car, nous nous entraînons à mieux maîtriser notre drone, nous prenons des cours d’espagnol en famille (Léa aime beaucoup, Noémie est très timide), et nous faisons des activités manuelles avec les filles.
Fabrication d’une lanterneCours de lavage de mains avec de la peinture pour apprendre à n’oublier aucun endroitFabrication d’un baromètreUn lit pour les bébésUne voiture pour les filles
Nous avons même la chance d’avoir une piscine que nous sommes quasiment les seuls à utiliser.
Le matin, nous ne savons pas vraiment si nous avons le droit de faire une marche ou du sport sur la plage car au tout début du confinement (le 17 mars) la police circulait pour évacuer les personnes présentes, mais depuis quelques jours ils ne passent quasiment plus ou laissent les gens faire leur jogging ou marcher. Quoi qu’il en soit, le couvre-feu ici court de 14h à 5h du matin et durant cette période la ville et la plage sont interdites et désertes.
L’ambiance est sobre mais bonne dans l’auberge. Nous avons de la chance car nous avons des retours d’autres voyageurs, dans d’autres pays d’Amérique du Sud, qui se sont faits expulser de leur campement ou qui subissent du racisme de la part de la population locale. Nous espérons que la situation se maintienne ainsi jusqu’à la fin du confinement, possiblement fin avril aux dernières nouvelles ; et nous espérons que lorsque nous reprendrons la route l’accueil de la part des populations ne sera pas altéré.
Plusieurs voyageurs au long cours font le choix de rentrer dans leur pays, d’une part parce que leur ambassade leur conseille, d’autre part parce que certains ont eu la mauvaise expérience d’être malvenus et/ou car ils craignent que la situation ne dégénère en terme de santé et/ou de sécurité. Nous avons fait le choix de rester sans aucune hésitation. D’une part nous sommes bien lotis, d’autre part nous n’étions pas prêts à ce que notre voyage s’arrête et encore moins de cette façon. De plus, si nous choisissions de rentrer, la gestion de notre camping-car qui est en importation temporaire sur le territoire serait compliquée et très onéreuse. Nous espérons pouvoir circuler en Équateur à compter du 1er mai, et pouvoir passer en Colombie au 1er juin. Ce scénario est le meilleur que nous puissions espérer à ce jour.
Nous avions prévu un retour en France autour du 20 juin, heureusement nous n’avions pas réservé nos billets d’avion, ni notre shipping retour pour le camping-car (des fois c’est bien de ne pas être prévoyant ! ) ; mais cela risque d’être compromis.
Notre seule déception pour le moment est que nous risquons de ne pas pouvoir effectuer un petit « tour de France » que nous avions prévu à notre retour, en camping-car, afin de rendre visite à nos familles et à nos amis. Nous nous faisions une joie de ce retour avec un goût de prolongation de voyage. Seulement, nous ne savons pas aujourd’hui si nous pourrons renvoyer notre camion dans les temps et si la vie aura repris son cours normale quand nous rentrerons pour nous permettre cela. L’avenir nous le dira… 🤞
Troisième jour que l’Équateur a restreint la circulation des personnes. La plupart des pays d’Amérique Latine ont fermé leurs frontières. Il y a peu de cas pour le moment mais la contamination spectaculaire d’autres pays d’Europe et d’Asie a servi de leçon. Nous devons donc limiter nos déplacements à l’essentiel, c’est-à-dire aux courses alimentaires. Nous sommes tout de même chanceux car nous nous trouvons au bord de la mer avec un climat favorable. Nous stationnons sur le terrain d’une auberge de jeunesse situé sur la plage. Nous logeons rarement dans les lieux privés mais dans ce cas il nous a semblé nécessaire d’avoir un accès à l’eau et de ne pas être exposés. Nous avons pu sentir, en tant que Français, que certaines personnes avaient peur de nous. De plus, nous nous sommes dit que peut-être la situation pourrait dégénérer d’une façon ou d’une autre et donc qu’il était préférable d’être en sécurité.
Avant ce confinement nous espérions être fin mars en Colombie, notre dernier pays, et y rester au moins deux mois et demi. Mais le destin (enfin, le coronavirus) en a décidé autrement. La Colombie a fermé ses frontières au moins jusqu’au 31 mai ce qui fait que dans le meilleur des cas il nous resterait trois semaines pour visiter le pays puisque nous prévoyons de rentrer fin juin. Nous sommes déçus car la Colombie est le pays de notre voyage que nous attendions le plus et nous sommes certains aujourd’hui de ne pas pouvoir en profiter comme nous le souhaitions. Nous ne pourrons peut-être même pas nous y rendre. Nous n’avons aujourd’hui quasiment aucune certitude sur le déroulement de la fin de notre voyage. Nous espérons au minimum que nous resterons en bonne santé et en sécurité. Mais, au-delà, nous aimerions beaucoup reprendre la route et que le voyage ne s’arrête pas ici et comme cela.
Notre dernière visite a été la Laguna Quilotoa qui se situe dans le cratère d’un volcan. Nous avons failli ne pas l’apercevoir en raison de la météo, mais heureusement, elle nous a tout de même fait une timide apparition.
À notre arrivée…Il nous fallait bien au moins une photo avec un alpaga ou un lama en souvenir de notre voyage en Amérique du Sud !
Juste avant nous avons visité la très belle cascade Pailón del Diablo. La visite est très ludique et sportive !
Il faut traverser, accroupi, un passage sous la roche pour se rendre sous la cascadeLa puissance est impressionnante !
La cascade se situe dans la région de Baños, une ville entourée de vertigineuses montagnes luxuriantes et connue pour ses thermes, son caramel mou (nommé Milcocha) et où l’on peut déguster du jus de canne fraîchement pressé.
Les thermesMilcocha (caramel mou)Dégustation de jus de canneLa villeNous dormions près de super jeux !
Nous nous sommes rendus dans une autre ville qui a encore plus de spécialités : Salinas. C’est un tout petit village mais les habitants y produisent et vendent (grâce à la coopérative) du sel, du chocolat, de la charcuterie, des fromages, des glaces, des huiles essentielles, des tisanes, des liqueurs et des tricots ; rien que cela ! Et le tout de très bonne qualité ! Nous avons fait le plein de produits et nous n’avons pas été déçus ! Ce sont les meilleurs fromages, charcuteries et chocolats que nous ayons dégusté depuis notre arrivée en Amérique du Sud.
Autre bon moment en Équateur, la visite de la Réserve de Production Faunistique Chimborazo et du bosquet de Polylepis. Cet endroit nous a fortement rappelé la Patagonie de par son climat, ses animaux et ses paysages. Nous y avons fait une superbe randonnée.
Bosquet de Polylepis (arbre qui se trouve dans les Andes en Amérique du Sud)PolylepisDes vigognes, nous n’en n’avions pas vu depuis la PatagonieVolcan Chimborazo (6268 m)Le problème avec les volcans d’Amérique du Sud c’est qu’ils sont tellement hauts qu’ils ont souvent la tête dans les nuages ! Difficile de les admirer…
J’espère que ces visites ne seront pas les dernières de notre voyage.
J’ai perdu ma grand-mère il y a quelques jours. Lorsque je l’ai vu, juste avant de partir en voyage, je savais qu’il était probable que cela soit la dernière fois. La mamie que je connaissais avait déjà disparu progressivement, mais cette fois-ci la perte est totale et définitive… J’espère qu’elle a retrouvé ses êtres chers perdus, et qu’elle est bien.
Les événements ne s’arrêtent évidemment pas durant notre absence ; après l’opération du coeur de ma mère il y a quelques mois, nous attendons heureusement aussi deux joyeux événements : des naissances ! Des bébés à venir de ma belle-soeur et d’une amie dont nous ferons la connaissance à respectivement deux et trois mois environ.
C’est donc un peu mélancolique que je termine le Pérou malgré que nous soyons au bord de la mer à profiter d’une belle plage et de piscines. En effet, nous testons pour la première fois le camping-hôtel ! C’est-à-dire que nous logeons dans notre camping-car, sur le parking d’un hôtel (moyennant une dizaine d’euros), et nous pouvons profiter des infrastructures. Nous sommes tout proche de la frontière équatorienne qui est notre prochaine étape.
Le Pérou nous aura offert encore de bien beaux paysages en plus de ceux que nous avions déjà découverts il y a six ans.
Nous avons, entre autre, sillonné la magnifique Cordillère Blanche située dans le nord.
Nous l’avons abordé par le sud et visité en premier le site archéologique extrêmement bien conservé de Chavín, culture qui s’étend de 1200 à 300 av. J.-C. Ce site, qui est l’un des plus anciens du continent, précède de 2000 ans l’ère inca.
Après cette belle visite nous avons profité du carnaval à Huaraz ; et j’ai été très déçue ! Cela fait des mois que nous assistons à des répétitions, que nous voyons de magnifiques costumes dans des ateliers, que tout le monde en parle (notamment au Chili et en Bolivie), et le moment tant attendu est arrivé ! Seulement, le carnaval au Pérou n’est pas célébré comme dans d’autres pays d’Amérique du Sud, ni comme je l’imaginais… Ici, le carnaval consiste essentiellement en des parodies de la vie quotidienne et notamment des caricatures et moqueries des élus municipaux (et non des défilés chorégraphiés de danseurs en merveilleux costumes suivis de musiciens comme je m’y attendais ! ).
Nous avons tout de même passé un très bon moment avec les habitants d’un quartier qui nous ont invité à fêter le carnaval avec eux car Thomas les a aidé à planter un arbre ! En effet, un matin, nous avons vu débarquer juste à côté de notre camping-car, sur la route, un arbre coupé, déchargé d’un camion. Commence alors un scénario pour le moins étrange… La quinzaine de personnes présentes ont commencé par retirer une plaque au milieu de la route et à en agrandir le trou qui était en dessous. Ensuite, ils tentaient en vain de redresser l’arbre pour le faire entrer dans ce trou. Thomas est allé leur prêter main forte. Heureusement une pelleteuse a pris le relai pour hisser l’arbre avec succès. Les habitants, touchés par le geste de Thomas, nous ont invité à leur fête. Un peu plus tard dans la journée nous sommes donc revenus et l’arbre était décoré de passoires, ponchos, bassines, égouttoirs, étendoirs à linge… 🤔 et tout le monde dansait autour et donnait un coup de hache dans le tronc à tour de rôle ! Nous avons eu le droit au traditionnel talc sur le visage, aux serpentins autour du cou, à une bière et c’était parti pour la danse ! L’arbre est censé tenir jusqu’en soirée où le tronc fini par se rompre et ainsi les participants récupèrent les cadeaux ! Nous ne sommes pas restés jusque là Noémie n’étant pas très à l’aise et nous avions prévu une raclette et une fondue savoyarde dans un restaurant le soir !
À Huaraz, plusieurs étrangers ont élu domicile dont des Français et des Suisses, ce qui nous a permis ce petit festin. Il manquait juste un peu de charcuterie avec la raclette, il y en a pourtant dans le pays. Le lendemain nous sommes revenus tester les galettes et les crêpes ! 😋
Avec deux kilos de plus nous sommes repartis et avons parcouru la très belle route 107 jusqu’à Caraz. Nous avons traversé un col à 4758 m entre deux glaciers et avons vu plusieurs belles lagunes.
Glaciar Conteahierbas (6036 m)Glaciar del Nevado Huascaran (6768 m)
La petite ville de Chacas restera un beau souvenir de notre voyage. La place centrale est très belle, l’église magnifique et les habitants très accueillants. Nous avons mangé dans une pizzeria associative, situé dans une aile de l’église, ouverte seulement le dimanche soir, et tenue par de très jeunes volontaires du village. L’argent récolté sert à améliorer les conditions de vie des habitants de la région mais également à des projets étrangers solidaires. Nous avons laissé un petit pourboire, et en partant, ils nous ont offert avec une grande gentillesse deux petites bouteilles ; l’une contenant du blé, l’autre du quinoa. Nous étions très touchés.
Nous n’avions encore jamais vu de coucher de soleil violet !
Nous avons ensuite tenté de faire une boucle en continuant sur une autre route de la cordillère mais nous avons dû y renoncer à cause du mauvais état de la piste.
Puis, nous avons rejoint la ville de Caraz afin de visiter la Laguna Parón. Pour la deuxième fois de notre voyage (après la montagne aux sept couleurs) nous avons laissé notre camping-car pour prendre un taxi car la piste est réputée chaotique. La lagune a été à la hauteur de sa réputation malgré une ascension périlleuse non prévue au mirador !
Dernier tiers du sentier pour accéder au mirador !
Enfin, nous avons parcouru l’époustouflante route sillonnant le Cañón del Pato pour quitter la Cordillère Blanche.
Direction la mer ! Juste avant d’y parvenir nous avons vu nos premiers champs de coton. Léa était très surprise de découvrir que ce dernier poussait « tout fabriqué » sur un arbre. Elle pensait que seuls les fruits et légumes étaient conçus comme cela.
Après nos premiers champs de coton, nos premières rizières (au Pérou).
Pour notre arrivée en bord de mer à Huanchaco, nous avons trouvé un spot sur la plage 👍 . Ici, comme dans d’autres pays d’Amérique du Sud, il est commun de se garer et de camper sur la plage.
Concours improvisé de dessin de lapin !
Nous avons ensuite visité le temple/pyramide Huaca de la Luna datant de la culture Moche (II ème-VIII ème s). Sa construction est pour le moins inhabituelle puisque c’est une pyramide inversée (en adobe). Il y a cinq niveaux, le premier étant le plus petit et le plus profond. Les étages suivants ont été construits successivement en bouchant le précédent de briques ; de ce fait, les fresques ont été très bien conservées. Chaque nouvel étage étant plus grand que le précédent.
En poursuivant notre route vers le nord nous avons visité le beau musée Tumbas Reales de Sipán contenant d’inestimables richesses découvertes dans un temple à proximité. Les archéologues y ont notamment mis au jour la tombe d’El Senor de Sipán, un des chefs de la culture Moche. Les photos étaient interdites.
Le lendemain, après une nuit à Piura, nous avons arraché l’une de nos fenêtres de la capucine car nous avons oublié de la fermer en partant. Heureusement, Thomas l’a récupéré sur la route et malgré qu’elle soit cassée nous avons réussi à la réparer grâce à de la fibre de verre. Elle est miraculeusement parfaitement fonctionnelle mais tout de même bien abîmée, nous devrons la changer en rentrant.
À Piura
Après notre arrêt de deux jours en camping/hôtel au nord du Pérou, nous avons passé la frontière équatorienne, et ce ne fut pas une mince affaire ! Cela a été le passage de frontière le plus long de notre voyage ! En partie parce qu’il n’y avait qu’un seul guichet pour le tampon d’entrée en Équateur (et qu’il y avait tous les passagers d’un bus devant nous), mais surtout à cause du coronavirus !!! En effet, après avoir fait plus d’une heure de queue, la douanière nous annonce que nous sommes Français et donc que nous sommes « bloqués » . Nous devons faire un test de dépistage pour pouvoir entrer en Équateur ! Sauf qu’aucun employé travaillant à cette frontière ne sait où se déroule ce test ! Après de très nombreuses et agaçantes allées et venues, des employées nous ont enfin questionné et ont pris notre température. Nous avons même eu le droit à être pris en photo durant cette exercice ; pour se couvrir en cas de problème je suppose. Nous avons eu beau leur expliquer que nous n’avions pas séjourné en France depuis plus de six mois, la règle c’est la règle ! Il nous a donc fallu près de 3h pour franchir la frontière…
Nous sommes donc en Équateur (notre avant dernier pays 😅 ) depuis quelques jours. La première approche est très bonne. Le pays semble déjà beaucoup plus propre que le Pérou (et la Bolivie) ; sans grande difficulté ! L’extrême nord du Pérou étant encore plus sale que le sud…
Nord du Pérou…
Nous espérons que trouver ce dont nous avons besoin sera plus simple en Équateur. En effet, depuis la Bolivie il nous est assez laborieux de faire nos achats car il n’y a pas toujours les produits que nous avons l’habitude d’utiliser et il n’y a pas de grandes surfaces, sauf dans les très grosses villes. Il faut donc se rendre dans des sortes de petites épiceries qui n’ont pas de tout. Il faut faire plusieurs boutiques, et souvent pour rien… Les produits frais notamment sont difficiles à trouver, ou le jus de pomme par exemple au Pérou, et le lait liquide parfois en Bolivie. C’est aussi laborieux pour les autres achats de la vie quotidienne (vêtements, bricolage, accessoires…), nous trouvons rarement ce qui nous convient.
Les bananiers à perte de vue dès notre entrée en Équateur
La première ville que nous avons pris le temps d’explorer en Équateur est Cuenca. Elle est propre, jolie, dotée de centres commerciaux, d’enseignes internationales, nous apprécions ! Nous nous y sentons vraiment bien. Elle possède de jolies places et cours intérieures, de belles églises, des parcs et est traversée par un rio ce qui lui donne un côté campagne en ville.
Dans cette ville sont fabriqués les fameux chapeaux nommés (à tord) « Panama ». Ces chapeaux proviennent exclusivement d’Équateur. Ils ont été appelés ainsi car se sont les ouvriers du grand canal de Panama qui les ont popularisé en Europe et aux États-Unis. Mais ici, on les appelle les sombreros de paja Toquilla (chapeaux de paille Toquilla) du nom de la paille utilisée pour les fabriquer. Plus les brins de paille sont fins, plus le chapeau sera considéré comme qualitatif. La référence est le nombre de noeuds de paille aux deux tiers de cm² ! Les plus beaux chapeaux dépassent les 100 noeuds, on les qualifie de « fins » ; entre 40 et 100 noeuds se sont les semi-fins et en dessous se sont les chapeaux les moins chers, ils n’ont pas d’appellation. Les « finos » peuvent demander jusqu’à dix mois de tissage et valent de 300 à 1000 $ environ (des chef-d’œuvres peuvent dépasser cette somme). Les « semi-finos » coûtent de 60 à 300 $ environ. Les premiers prix étant autour de 30 $. Contrairement aux idées reçues, le Panama n’est pas une forme de chapeau mais une matière et un tissage (toujours effectué à la main). Il peut donc se décliner sous toutes les formes de la chapellerie. La fabrication que nous avons visité en possède 117 ! Le tissage commence toujours par une rosace au sommet du chapeau. Il existe différentes qualités de tissages, effectués dans des régions différentes et dans des positions différentes ! Certains chapeaux très haut de gamme sont tellement fins qu’ils peuvent être roulés et rangés dans un tube pour les transporter. Nous avons eu la chance d’assister à la fabrication en direct d’un chapeau que nous avons commandé 👍 :
Chapeau tissé 42 noeuds servant de modèle de base à notre chapeauLes moules, pour donner leurs formes aux chapeauxMoule positionné dans la machineLes moules sont en deux parties. L’une en dessous du chapeau, l’autre à l’intérieur du chapeauLa machine presse et chauffe le moule contre le chapeauMesure de la taille des bords souhaitésIl y a quatre passages dans la presse en tout.Application de colle plastique pour fixer la formeDifférence entre un chapeau 30 noeuds et un semi-fin
Après cette visite très intéressante et plusieurs jours à Cuenca, nous avons visité le Parque Nacional Cajas réputé, entre autre, pour ces nombreux lacs et la pêche à la truite. Puis, nous avons repris la route en direction du nord.
Pour la première fois de notre voyage nous nous sommes rendus dans un endroit que nous avions déjà visité il y a un peu plus de six ans : La Paz. Nous ne souhaitions pas particulièrement y retourner car nous n’en gardions pas un très bon souvenir, seulement, passer par cette ville est l’itinéraire naturel pour quitter la Bolivie en direction du Pérou. Il y a six ans nous n’y étions restés que quelques heures, entre deux bus. Nous avions trouvé La Paz chaotique et peu sûre. Aujourd’hui, nous sommes réconciliés avec la capitale bolivienne notamment grâce à son tout nouveau téléphérique. En effet, la circulation à La Paz est terrible ! Il y a des bouchons tous les jours et tout au long de la journée. Des milliers de mini-bus s’arrêtent n’importe où et n’importe quand. Il y a pourtant des routes à quatre voies à certains endroits de la ville mais des files de mini-bus stationnés en bloquent trois sur les quatre ! Parfois même ils condamnent complètement une bretelle de sortie ! À cela s’ajoute les ruelles étroites et pentues du centre-ville et les 800 m de dénivelé de la ville !
Heureusement, une première ligne de téléphérique a été inaugurée en 2014. Aujourd’hui, onze sont en service ce qui permet de survoler la ville et ses bouchons. Au premier abord c’est très surprenant pour nous Français qui ne connaissons les téléphériques que dans les stations de ski ! Mais nous l’avons très rapidement adopté. Les filles ont adoré et nous aussi ! La vue est magnifique et l’on peut découvrir la ville sans être oppressé.
La tâche blanche au centre est une voiture coincé entre les rochers 😯Le cimetière
Nous avons visité le musée de la coca. La feuille de coca est très présente dans beaucoup de pays sud-américains mais souffre d’une mauvaise réputation auprès des étrangers car elle est souvent associée à la cocaïne. Ce musée a été créé afin de dédiaboliser la feuille de coca omniprésente dans la culture andine. Elle peut intervenir dans des échanges commerciaux, lors d’événements familiaux, de rituels et est consommée en mate (infusion) ou mastiquée afin de se donner de l’énergie ou pour lutter contre le mal des montagnes. Elle a également beaucoup été utilisée comme anesthésiant et entre dans la composition du Coca-Cola.
Nous avons également sillonné les ruelles et places du centre-ville.
Puis, nous nous sommes rendus au musée des instruments de musique, malheureusement les photos y étaient interdites. Nous avons pu y voir une multitude de guitares, de charangos (sorte de petite guitare équipée de cinq rangées de double corde), de harpes, de tambours, de maracas, de flûtes (de pan) et d’autres créations plus ou moins étranges !
Les filles ont pu s’essayer à quelques instruments 👍
La femme qui nous a accueillie a offert aux filles des mini billets de banque car se déroulait lors de notre passage la féria Alacitas qui célèbre le dieu de l’abondance aymara E’keko. Il est de coutume, durant cette période, d’acheter des miniatures qui représentent les biens matériels espérés. Pour accompagner les billets des filles nous avons acheté une petite maison avec une voiture devant dans l’espoir que le dieu E’keko nous apporte ces objets convoités ! On ne sait jamais ! Afin de l’aider, je joue à l’EuroMillions en parallèle 🍀 🤣 .
Nous avons ensuite découvert le superbe musée d’ethnographie et du folklore.
Une partie du musée est dédiée aux tissus et à leur fabrication à partir de la tonte des alpagas ou lamasDes colorants naturelsLa colorationLa galerie des masquesNoémie avait peur dans cette salle, je ne comprends pas pourquoi ! 😱La salle des plumesLes tenues traditionnelles
Enfin, nous avons arpenté des allées de l’immense marché d’El Alto (la banlieue la plus haute de la ville), considéré comme le plus grand d’Amérique Latine !
Toutes les rues de l’immense quartier sont recouvertes de stands !
Juste avant notre départ de la ville, la première semaine de février, a eu lieu la rentrée scolaire (après les grandes vacances d’été). Les enfants ici portent l’uniforme et la blouse, ils sont vraiment mignons !
Avant de quitter La Paz (dernière grande ville avant le Pérou) nous avons dû comme à chaque passage de frontière faire établir un certificat de bonne santé pour Eko. Mais en plus, nous devions absolument lui faire subir un titrage sérique des anticorps antirabiques, examen obligatoire pour entrer en Europe avec un animal de compagnie. Cet examen aurait pu être fait en France avant notre départ et est valable à vie, seulement, je ne m’étais renseignée que sur les formalités pour entrer en Amérique du Sud, mais je n’ai pas pensé qu’il y aurait des formalités particulières pour revenir en France avec notre chien français… Notre vétérinaire à qui j’ai pourtant parlé de notre voyage un an avant le départ ne m’en a pas informé non plus ! Ce qui nous pose des soucis depuis le début du voyage… En effet, nous avons appris l’avant-veille de prendre l’avion l’existence de cet examen par la remplaçante de notre vétérinaire que nous avons vu pour le certificat de bonne santé d’avant départ. Seulement il était trop tard pour l’effectuer car nous venions de faire le renouvellement du vaccin de la rage et il faut attendre au minimum 30 jours à la suite de ce vaccin pour effectuer le prélèvement sanguin. Nous devions donc le faire en voyage, sans parler correctement la langue et auprès de laboratoires agréés situés en Europe… Cela s’annonçait pratique !!!! Et cela l’a été ! À chaque passage de frontière nous avons demandé à faire cet examen auprès du vétérinaire que nous rencontrions ou auprès des ministères qui visaient notre certificat. Et à chaque fois la réponse était la même : il n’est pas nécessaire de faire cet examen ! Eh bien si, il est obligatoire et doit être fait au minimum trois mois avant notre retour en France, sachant qu’il faut compter le temps d’acheminement au laboratoire en Allemagne, du test et du virement bancaire (soit au minimum 20 jours), le temps commençait à nous être compté puisque nous rentrons dans moins de cinq mois. Et cette fois-ci nous avons réussi à faire ce fameux examen 🎉🎉🎉 mais non sans mal ! En effet, nous nous sommes rendus chez un vétérinaire, nous avons attendu environ une heure pour qu’il nous dise qu’il n’avait pas le temps ni les moyens de le faire et nous a envoyé chez un confrère. Seulement nous étions à La Paz et l’adresse à laquelle il nous a envoyé se trouvait à l’autre bout de la ville !!! Durant notre séjour dans cette ville nous avions soigneusement évité d’y circuler en camping-car en nous stationnant dans un parking en banlieue et en utilisant le téléphérique, et là nous nous retrouvions obligés de traverser la ville juste avant de la quitter car Eko n’est pas accepté dans le téléphérique. Cela nous a pris 1h30 aller, 1h30 retour et quelques sueurs froides ! Mais miracle, ils connaissaient cet examen et pouvaient le réaliser 🍾 ; moyennant tout de même la coquette somme de 300 € (177 € pour le vétérinaire, 79 € pour l’envoi et 43 € pour le laboratoire). Je pense que le coût aurait été bien moindre en France… Bref, nous allons enfin pouvoir arrêter de penser à cela jusqu’à la fin de notre voyage ! Une bonne chose de faite !
À cause de cette dépense et d’une dépense de garage de 295 € notre budget quotidien n’a pas baissé autant que je l’espérais en Bolivie. Nous avons tout de même gagné 2/3 € par jour et nous sommes presque dans le budget prévisionnel.
Nous avons passé notre première nuit dans un garage, à Cochabamba, juste avant d’arriver à La Paz. Nous avons cassé une suspension arrière (une de celles qui ont été changées au Chili il y a 9000 km…), nous avons donc dû les remplacer de nouveau. Nous avions également notre collecteur d’échappement fissuré que nous avons fait ressouder, nous avons fait graisser les roulements et changer les filtres. Nous en avons eu pour deux jours. Nous en avons profité pour aller chez le coiffeur et ensuite nous avons visité la ville et son très grand marché. Nous y avons fait d’étonnantes découvertes !
Le garage
La première découverte (sur un écran de télévision dans le marché) fut la lutte des Cholitas (les femmes en tenues traditionnelles) !!!! Il est également possible d’assister à des « combats » à La Paz, mais nous nous sommes épargnés cela, la vision de cette scène à la télévision nous a déjà suffisamment interloqué !
Deuxième découverte encore plus déconcertante : l’allée des offrandes, ses fœtus de lamas séchés et ses bébés lamas morts. Il est de coutume d’enterrer un fœtus sous chaque nouvelle construction, tout comme, au lieu de pendre une crémaillère, ils sacrifient un petit lama blanc afin de répandre son sang autour de la nouvelle maison…
Changeons de sujet ! Lors de la visite de ce marché Noémie était très sollicitée (Léa également mais dans une moindre mesure car elle est plus grande je pense). De très nombreuses personnes (surtout les femmes et encore plus celles d’un certain âge) la trouvent « que linda », c’est-à-dire « trop mignonne » ou « tellement jolie ». Nous avons l’habitude de cela mais cette fois-ci plus particulièrement. Ces mots sont les premiers mots que nous avons bien compris en espagnol car nous les avons entendus au moins une centaine de fois depuis le début de notre voyage !
Avant Cochabamba nous avons fait une légère incursion en Amazonie à Villa Tunari. La route que nous avons empruntée pour nous y rendre est probablement la plus dangereuse de notre voyage à ce jour. Ce n’était pas la route en elle-même qui était dangereuse (bien qu’elle soit en partie en travaux) mais le comportement de ses usagers. Les Boliviens occupent la première marche du podium des pays que nous avons visité à ce jour en ce qui concerne la conduite dangereuse ! Une partie de cette route est une route de montagne, il y a un trafic très dense de poids lourds, bus, mini-bus et de voitures. Les poids lourds sont bien souvent mal entretenus (et donc régulièrement en panne au bord de la route), les mini-bus, les bus et les voitures doublent sans aucune visibilité provoquant parfois la création d’une troisième voie et/ou obligeant le conducteur d’en face à rouler sur le bas-côté pour éviter l’accident ! Nous avons bien évidemment fini par rencontrer un accident et je suis étonnée que nous n’en n’ayons croisé qu’un seul. Heureusement, la Bolivie a grandement amélioré son réseau routier ces dernières années (nous avons emprunté un grand nombre de belles routes neuves et beaucoup d’autres sont en construction) car les Boliviens doublent dès qu’ils en éprouvent la nécessité, peu importe si les conditions de sécurité ne sont pas réunies ; ils ne portent pas de ceinture de sécurité, respectent peu les feux tricolores et la courtoisie au volant n’existe pas dans ce pays. Personne ne laisse passer personne et les piétons n’ont qu’à attendre le bon moment pour traverser. Les plus mauvais conducteurs étant les « professionnels » qui transportent des passagers (les bus et mini-bus) !
C’est une route de montagne à double sens et dans les nuages, mais tout le monde double quand même…
Bref, nous sommes arrivés en entier à Villa Tunari où la chaleur et l’humidité sont difficilement supportables ! Nous n’avons jamais autant vu de bananes que dans cette région où il y a beaucoup de plantations. La ville se dit tournée vers l’écotourisme (s’est écrit en gros sur une arche en y entrant 🤔 ) et il s’y trouve des parcs d’activités « nature ». Plusieurs étant fermés ou dans un mauvais état, nous n’avons fait qu’un parc d’accrobranche. Nous avons également rencontré pour la première fois des membres d’une communauté mennonite (communauté en partie semblable à la communauté Amish) présente essentiellement dans l’Est bolivien mais aussi au Paraguay. Nous avons ensuite quitté la ville assez rapidement le climat n’étant vraiment pas agréable…
Après 24 jours en Bolivie, nous avons donc rejoint le Pérou. Nous ne sommes pas restés très longtemps dans ce pays car nous avions déjà visité le sud il y a six ans et nous ne souhaitions pas nous rendre au nord en Amazonie.
Le passage de frontière s’est très bien passé cette fois-ci (malgré qu’il nous ait fallu payer 27 € pour faire entrer Eko dans le pays), contrairement au dernier, et nous avons rejoint le lac Titicaca. Lors de notre première escale au Pérou, à Chucuito, nous sommes tombés sous le charme de l’environnement d’un bel hôtel au bord du lac. Le tarif n’étant pas prohibitif (60 € la nuit petits déjeuners inclus) nous avons décidé de nous offrir ce petit plaisir et d’y passer une nuit. Après six mois uniquement de douches, les filles s’en sont donné à cœur joie dans la baignoire en prenant deux bains d’une heure ! Un peu de luxe nous a fait beaucoup de bien !
Nous avons ensuite visité les îles Uros (ou îles flottantes) sur le lac Titicaca. Nous les avions déjà visitées il y a six ans mais comme nous pensions que cette visite plairait aux filles nous l’avons refaite. Et effectivement elles ont adoré faire du bateau et être déguisées !
Explication sur la construction des îles flottantes qui ont une durée de vie de 50 à 60 ans
Nous nous sommes ensuite dirigés vers Rainbow Mountain (ou la montagne aux sept couleurs) non loin de Cusco à 5200 m d’altitude. Il nous a fallu 1h20, à cette altitude, pour parcourir très lentement le sentier de 1,8 km et les 300 m de dénivelé ! Le beau temps n’était pas avec nous mais les couleurs étaient tout de même superbes.
La piste pour s’y rendre est magnifique
L’étape suivante nous a emmené à Nasca. Nous avons fêté nos six mois de voyage sur la route avec des paysages à couper le souffle !
Le pont du taureau mort, avec un vrai taureau mort !Les fameuses lignes et figures de Nasca Les lignes de Palpa Sur notre spot à notre retour d’une balade à vélo !Séance câlin pour Koko
Puis, après plus d’un mois en altitude, nous étions pressés de retrouver la mer ! Nous y sommes depuis trois jours, à Paracas 👍 .