Nous n’avons jamais eu autant le temps de vivre. Lorsque je repense à notre vie depuis que nous avons les filles et jusqu’à notre départ en voyage : nous n’avions jamais le loisir de nous ennuyer. À certaines périodes je n’avais même pas assez de temps pour dormir suffisamment. Entre nos travails, la crèche, l’école, les filles en bas âge, le chien… Je rêvais de ne pas avoir en permanence une liste de choses à faire. Et enfin, depuis le début de notre voyage, et après une période ultra chargée de un mois et demi avant le départ, nous avons du temps et la liberté d’en faire ce que nous voulons. Quel luxe !
Et avec le confinement, nous avons perdu une partie de notre liberté mais nous avons gagné encore plus de temps.
Le temps de faire tout ce que nous ne prenions pas, ou peu, le temps de faire. Le temps de cuisiner, le temps de faire du sport, le temps d’étudier l’espagnol, le temps de faire des activités, le temps de regarder les couchers de soleil…
Je pense que nous regretterons tout ce temps, et que le retour à un rythme « normal » sera difficile lorsque nous reprendrons la route.
Malgré tout, les journées passent vite. Le matin nous allons courrir à tour de rôle avec Thomas. Puis nous faisons l’école et/ou l’intendance. L’heure de préparer le déjeuner arrive rapidement. Ensuite nous travaillons l’espagnol, allons à la piscine, faisons une activité, cuisinons, les filles jouent dans le sable et nous regardons le magnifique coucher du soleil sur le Pacifique après une partie de beach volley quand nous sommes motivés.
La vie en semi-communauté se passe très bien même si de temps à autre nous rêvons d’être seuls au milieu d’un magnifique spot sauvage.
Nous avons la chance d’être confinés avec des « colocataires » humbles et respectueux. Nous passons de bons moments, nous partageons des repas ou une préparation culinaire parfois, des discussions, nous découvrons des morceaux de vie de chacun, nous voyons grandir Lola que nous avons connu assise et qui aujourd’hui passe son temps à escalader ! Nous fêterons son premier anniversaire dans moins d’une dizaine de jours et peut-être assisterons nous à ses premiers pas. Ce sont tous des voyageurs au plus long cours que nous n’ayant pas d’impératif de retour.
Nous avons eu un départ du campement, celui de Yann (le Français) qui est maintenant dans une maison de campagne en montagne où il effectue un volontariat. Il a prétexté se rendre à l’aéroport pour rentrer en France afin de pouvoir circuler. Son départ, et celui de sa chienne Summer, ont laissé un vide.
























Tous les jours, peu avant 14h, un message prévenant du début du couvre-feu est diffusé par haut-parleurs : « Atención, atención… ». Il est courant en Amérique du Sud que les villages soient équipés de haut-parleurs dans toute la ville pour transmettre les messages de la municipalité.
Les mesures d’hygiène sont régulièrement revues à la hausse. À chaque fois que Thomas va faire les courses il découvre de nouvelles règles : barrières aux portes de la ville, portique projetant du produit désinfectant à l’entrée du supermarché, prise de température, passage sur un tapis en mousse imbibé de produit, trempage des billets dans du désinfectant, les commerçants et les employés de la ville sont très inventifs !
Le virus est désormais arrivé à Montañita. L’équipe municipale a notamment été très touchée.
Ils nous ont d’ailleurs rendu visite, juste après mon dernier article il y a un mois. Ils sont arrivés en trombe sur le campement avec un pick-up surmonté d’une énorme enceinte. La mairesse parlait très fort dans son micro, avec un ton alarmiste, pour nous dire que le pays était dans une situation très difficile, que nous n’étions pas en vacances, qu’il fallait respecter les règles de confinement… Cette démonstration n’était pas seulement à notre intention. Ils nous ont également demandé de déplacer les véhicules car nous empiétions sur le domaine publique et nous devions laisser un passage entre la rue et la plage. Après cette petite frayeur nous avons donc réorganisé le camp en nous serrant et en formant un carré avec les véhicules afin d’être à l’abri des regards et plus en sécurité.
Un agent est revenu quelques jours plus tard pour demander cette fois-ci à notre logeur de bloquer les accès à la plage… 🤔 Nous ne les avons pas revu jusqu’à avant-hier où un représentant du quartier est venu recenser les occupants de l’auberge et du terrain, à priori en relation avec les aides alimentaires que la ville reçoit du gouvernement et pour communiquer avec les ambassades…
Tous les voyageurs que nous avons rencontré au cours de notre périple, avant le confinement, sont maintenant rentrés ou presque. Les derniers prennent un vol de rapatriement payant le 9 mai. Les pays européens organisent régulièrement des vols qui arrivent sans passager et repartent en priorité avec les ressortissants de leur pays, puis des ressortissants européens qui le souhaitent. L’ambassade a même organisé des navettes depuis la province pour se rendre à Quito car il n’y a pas de transport en commun. Les prix varient suivant la compagnie et les pays. Certains restent raisonnables, d’autres moins. Les voyageurs rentrés en France ont dû laisser leur véhicule en gardiennage dans le pays où ils se trouvaient et devront à priori revenir pour le vendre ou l’acheminer vers un port d’ici quelques mois. Nous espérons ne pas avoir à en faire de même en réussissant à rejoindre la Colombie et à embarquer notre camping-car sur un bateau à Carthagène en direction de l’Europe.
En revanche, l’espoir d’avoir encore le temps de visiter et l’espoir d’un retour « normal » en France où nous pourrions voir nos proches existe encore mais s’amenuise… La fin d’un tel voyage est déjà très difficile en temps normal, mais qu’en sera-t-il si de plus nous devions être confinés sans pouvoir nos proches… Nous préférons ne pas y penser.
Après plus d’un mois et demi de confinement nous souhaiterions que la situation évolue. Seulement, après une hypothétique date d’autorisation de circulation au 26 mai, les nouvelles plus récentes indiquent un confinement stricte au moins encore jusqu’au 31 mai. Soit deux mois et demi en tout pour le moment…
La réouverture des frontières colombiennes a été fixée depuis longtemps au 1 er juin, mais cette date peut évidemment évoluer. De plus, il y a de fortes chances que nous devions effectuer un quarantaine de 14 jours après notre entrée en Colombie. La libération n’est toujours malheureusement pas en vue…
Cependant nous ne sommes pas à plaindre. La météo est inlassablement au beau fixe, nous ne nous lassons pas de prendre notre douche en extérieur avec vue sur la mer, et notre budget quotidien fond comme neige au soleil (nous avons déjà perdu 10 € en passant de 78 à 68 € de dépenses par jour). Notre logeur à très gentiment divisé le prix de la nuitée par deux au bout de cinq jours de confinement, ce qui nous revient à 5 $ par jour. Les achats alimentaires en revanche ne sont pas bon marché mais restent tout de même un peu en dessous des prix français. Enfin, notre dernière dépense, le gaz ; ici, il est très peu cher : 2,5 $ la recharge de 14 kg.



À bientôt avec, espérons-le, une date de déconfinnement.
Coucou Nathalie.
Je suis de très près votre merveilleux périple.
Je voulais te faire un petit coucou et te dire combien j’admire votre courage et votre motivation à vous être lancés à la découverte d’une partie du monde aussi simplement.
Je souhaite que malgré le virus vous puissiez mener à bien ce voyage inoubliable.
Bises
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Merci ! 😙
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