Ainsi va parfois tristement la vie…

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J’ai perdu ma grand-mère il y a quelques jours. Lorsque je l’ai vu, juste avant de partir en voyage, je savais qu’il était probable que cela soit la dernière fois. La mamie que je connaissais avait déjà disparu  progressivement, mais cette fois-ci la perte est totale et définitive… J’espère qu’elle a retrouvé ses êtres chers perdus, et qu’elle est bien.

Les événements ne s’arrêtent évidemment pas durant notre absence ; après l’opération du coeur de ma mère il y a quelques mois, nous attendons heureusement aussi deux joyeux événements : des naissances ! Des bébés à venir de ma belle-soeur et d’une amie dont nous ferons la connaissance à respectivement deux et trois mois environ.

C’est donc un peu mélancolique que je termine le Pérou malgré que nous soyons au bord de la mer à profiter d’une belle plage et de piscines.
En effet, nous testons pour la première fois le camping-hôtel ! C’est-à-dire que nous logeons dans notre camping-car, sur le parking d’un hôtel (moyennant une dizaine d’euros), et nous pouvons profiter des infrastructures.
Nous sommes tout proche de la frontière équatorienne qui est notre prochaine étape.

Le Pérou nous aura offert encore de bien beaux paysages en plus de ceux que nous avions déjà découverts il y a six ans.

Nous avons, entre autre, sillonné la magnifique Cordillère Blanche située dans le nord.

Nous l’avons abordé par le sud et visité en premier le site archéologique extrêmement bien conservé de Chavín, culture qui s’étend de 1200 à 300 av. J.-C. Ce site, qui est l’un des plus anciens du continent, précède de 2000 ans l’ère inca.

Après cette belle visite nous avons profité du carnaval à Huaraz ; et j’ai été très déçue !
Cela fait des mois que nous assistons à des répétitions, que nous voyons de magnifiques costumes dans des ateliers, que tout le monde en parle (notamment au Chili et en Bolivie), et le moment tant attendu est arrivé !
Seulement, le carnaval au Pérou n’est pas célébré comme dans d’autres pays d’Amérique du Sud, ni comme je l’imaginais…
Ici, le carnaval consiste essentiellement en des parodies de la vie quotidienne et notamment des caricatures et moqueries des élus municipaux (et non des défilés chorégraphiés de danseurs en merveilleux costumes suivis de musiciens comme je m’y attendais ! ).

Nous avons tout de même passé un très bon moment avec les habitants d’un quartier qui nous ont invité à fêter le carnaval avec eux car Thomas les a aidé à planter un arbre !
En effet, un matin, nous avons vu débarquer juste à côté de notre camping-car, sur la route, un arbre coupé, déchargé d’un camion.
Commence alors un scénario pour le moins étrange… La quinzaine de personnes présentes ont commencé par retirer une plaque au milieu de la route et à en agrandir le trou qui était en dessous. Ensuite, ils tentaient en vain de redresser l’arbre pour le faire entrer dans ce trou.
Thomas est allé leur prêter main forte. Heureusement une pelleteuse a pris le relai pour hisser l’arbre avec succès.
Les habitants, touchés par le geste de Thomas, nous ont invité à leur fête.
Un peu plus tard dans la journée nous sommes donc revenus et l’arbre était décoré de passoires, ponchos, bassines, égouttoirs, étendoirs à linge… 🤔 et tout le monde dansait autour et donnait un coup de hache dans le tronc à tour de rôle !
Nous avons eu le droit au traditionnel talc sur le visage, aux serpentins autour du cou, à une bière et c’était parti pour la danse !
L’arbre est censé tenir jusqu’en soirée où le tronc fini par se rompre et ainsi les participants récupèrent les cadeaux ! Nous ne sommes pas restés jusque là Noémie n’étant pas très à l’aise et nous avions prévu une raclette et une fondue savoyarde dans un restaurant le soir !

À Huaraz, plusieurs étrangers ont élu domicile dont des Français et des Suisses, ce qui nous a permis ce petit festin. Il manquait juste un peu de charcuterie avec la raclette, il y en a pourtant dans le pays.
Le lendemain nous sommes revenus tester les galettes et les crêpes ! 😋

Avec deux kilos de plus nous sommes repartis et avons parcouru la très belle route 107 jusqu’à Caraz.
Nous avons traversé un col à 4758 m entre deux glaciers et avons vu plusieurs belles lagunes.

Glaciar Conteahierbas (6036 m)
Glaciar del Nevado Huascaran (6768 m)

La petite ville de Chacas restera un beau souvenir de notre voyage. La place centrale est très belle, l’église magnifique et les habitants très accueillants. Nous avons mangé dans une pizzeria associative, situé dans une aile de l’église, ouverte seulement le dimanche soir, et tenue par de très jeunes volontaires du village. L’argent récolté sert à améliorer les conditions de vie des habitants de la région mais également à des projets étrangers solidaires. Nous avons laissé un petit pourboire, et en partant, ils nous ont offert avec une grande gentillesse deux petites bouteilles ; l’une contenant du blé, l’autre du quinoa. Nous étions très touchés.

Nous n’avions encore jamais vu de coucher de soleil violet !

Nous avons ensuite tenté de faire une boucle en continuant sur une autre route de la cordillère mais nous avons dû y renoncer à cause du mauvais état de la piste.

Puis, nous avons rejoint la ville de Caraz afin de visiter la Laguna Parón. Pour la deuxième fois de notre voyage (après la montagne aux sept couleurs) nous avons laissé notre camping-car pour prendre un taxi car la piste est réputée chaotique.
La lagune a été à la hauteur de sa réputation malgré une ascension périlleuse non prévue au mirador !

Dernier tiers du sentier pour accéder au mirador !

Enfin, nous avons parcouru l’époustouflante route sillonnant le Cañón del Pato pour quitter la Cordillère Blanche.

Direction la mer ! Juste avant d’y parvenir nous avons vu nos premiers champs de coton. Léa était très surprise de découvrir que ce dernier poussait « tout fabriqué » sur un arbre. Elle pensait que seuls les fruits et légumes étaient conçus comme cela.

Après nos premiers champs de coton, nos premières rizières (au Pérou).

Pour notre arrivée en bord de mer à Huanchaco, nous avons trouvé un spot sur la plage 👍 . Ici, comme dans d’autres pays d’Amérique du Sud, il est commun de se garer et de camper sur la plage.

Concours improvisé de dessin de lapin !

Nous avons ensuite visité le temple/pyramide Huaca de la Luna datant de la culture Moche (II ème-VIII ème s).
Sa construction est pour le moins inhabituelle puisque c’est une pyramide inversée (en adobe).
Il y a cinq niveaux, le premier étant le plus petit et le plus profond. Les étages suivants ont été construits successivement en bouchant le précédent de briques ; de ce fait, les fresques ont été très bien conservées. Chaque nouvel étage étant plus grand que le précédent.

En poursuivant notre route vers le nord nous avons visité le beau musée Tumbas Reales de Sipán contenant d’inestimables richesses découvertes dans un temple à proximité. Les archéologues y ont notamment mis au jour la tombe d’El Senor de Sipán, un des chefs de la culture Moche. Les photos étaient interdites.

Le lendemain, après une nuit à Piura, nous avons arraché l’une de nos fenêtres de la capucine car nous avons oublié de la fermer en partant.
Heureusement, Thomas l’a récupéré sur la route et malgré qu’elle soit cassée nous avons réussi à la réparer grâce à de la fibre de verre. Elle est miraculeusement parfaitement fonctionnelle mais tout de même bien abîmée, nous devrons la changer en rentrant.

À Piura

Après notre arrêt de deux jours en camping/hôtel au nord du Pérou, nous avons passé la frontière équatorienne, et ce ne fut pas une mince affaire !
Cela a été le passage de frontière le plus long de notre voyage !
En partie parce qu’il n’y avait qu’un seul guichet pour le tampon d’entrée en Équateur (et qu’il y avait tous les passagers d’un bus devant nous), mais surtout à cause du coronavirus !!! En effet, après avoir fait plus d’une heure de queue, la douanière nous annonce que nous sommes Français et donc que nous sommes « bloqués » . Nous devons faire un test de dépistage pour pouvoir entrer en Équateur ! Sauf qu’aucun employé travaillant à cette frontière ne sait où se déroule ce test ! Après de très nombreuses et agaçantes allées et venues, des employées nous ont enfin questionné et ont pris notre température. Nous avons même eu le droit à être pris en photo durant cette exercice ; pour se couvrir en cas de problème je suppose. Nous avons eu beau leur expliquer que nous n’avions pas séjourné en France depuis plus de six mois, la règle c’est la règle !
Il nous a donc fallu près de 3h pour franchir la frontière…

Nous sommes donc en Équateur (notre avant dernier pays 😅 ) depuis quelques jours.
La première approche est très bonne.
Le pays semble déjà beaucoup plus propre que le Pérou (et la Bolivie) ; sans grande difficulté ! L’extrême nord du Pérou étant encore plus sale que le sud…

Nord du Pérou…

Nous espérons que trouver ce dont nous avons besoin sera plus simple en Équateur.
En effet, depuis la Bolivie il nous est assez laborieux de faire nos achats car il n’y a pas toujours les produits que nous avons l’habitude d’utiliser et il n’y a pas de grandes surfaces, sauf dans les très grosses villes. Il faut donc se rendre dans des sortes de petites épiceries qui n’ont pas de tout. Il faut faire plusieurs boutiques, et souvent pour rien… Les produits frais notamment sont difficiles à trouver, ou le jus de pomme par exemple au Pérou, et le lait liquide parfois en Bolivie. C’est aussi laborieux pour les autres achats de la vie quotidienne (vêtements, bricolage, accessoires…), nous trouvons rarement ce qui nous convient.

Les bananiers à perte de vue dès notre entrée en Équateur

La première ville que nous avons pris le temps d’explorer en Équateur est Cuenca. Elle est propre, jolie, dotée de centres commerciaux, d’enseignes internationales, nous apprécions !
Nous nous y sentons vraiment bien. Elle possède de jolies places et cours intérieures, de belles églises, des parcs et est traversée par un rio ce qui lui donne un côté campagne en ville.

Dans cette ville sont fabriqués les fameux chapeaux nommés (à tord) « Panama ». Ces chapeaux proviennent exclusivement d’Équateur. Ils ont été appelés ainsi car se sont les ouvriers du grand canal de Panama qui les ont popularisé en Europe et aux États-Unis. Mais ici, on les appelle les sombreros de paja Toquilla (chapeaux de paille Toquilla) du nom de la paille utilisée pour les fabriquer.
Plus les brins de paille sont fins, plus le chapeau sera considéré comme qualitatif. La référence est le nombre de noeuds de paille aux deux tiers de cm² ! Les plus beaux chapeaux dépassent les 100 noeuds, on les qualifie de « fins » ; entre 40 et 100 noeuds se sont les semi-fins et en dessous se sont les chapeaux les moins chers, ils n’ont pas d’appellation. Les « finos » peuvent demander jusqu’à dix mois de tissage et valent de 300 à 1000 $ environ (des chef-d’œuvres peuvent dépasser cette somme). Les « semi-finos » coûtent de 60 à 300 $ environ. Les premiers prix étant autour de 30 $.
Contrairement aux idées reçues, le Panama n’est pas une forme de chapeau mais une matière et un tissage (toujours effectué à la main). Il peut donc se décliner sous toutes les formes de la chapellerie. La fabrication que nous avons visité en possède 117 !
Le tissage commence toujours par une rosace au sommet du chapeau. Il existe différentes qualités de tissages, effectués dans des régions différentes et dans des positions différentes ! Certains chapeaux très haut de gamme sont tellement fins qu’ils peuvent être roulés et rangés dans un tube pour les transporter.
Nous avons eu la chance d’assister à la fabrication en direct d’un chapeau que nous avons commandé 👍 :

Chapeau tissé 42 noeuds servant de modèle de base à notre chapeau
Les moules, pour donner leurs formes aux chapeaux
Moule positionné dans la machine
Les moules sont en deux parties. L’une en dessous du chapeau, l’autre à l’intérieur du chapeau
La machine presse et chauffe le moule contre le chapeau
Mesure de la taille des bords souhaités
Il y a quatre passages dans la presse en tout.
Application de colle plastique pour fixer la forme
Différence entre un chapeau 30 noeuds et un semi-fin

Après cette visite très intéressante et plusieurs jours à Cuenca, nous avons visité le Parque Nacional Cajas réputé, entre autre, pour ces nombreux lacs et la pêche à la truite.
Puis, nous avons repris la route en direction du nord.

À bientôt !

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