Trois jours de route presque sans trace humaine à l’horizon (hormis la RN40) !

https://www.polarsteps.com/ThomasGrolade/1663144-le-voyage-de-notre-vie/20123289-lago-argentino

Cela fait trois jours que nous roulons au coeur de la Patagonie, l’une des régions les moins peuplées au monde, et effectivement, nous nous sommes sentis seuls !!!!
Les mêmes paysages de steppe avec des montagnes en toile de fond à perte de vue, sur des centaines de kilomètres. Quelques animaux, la nature et c’est tout ! C’est une expérience étrange…

Il y a bien un petit village tous les 200 km environ, mais pas toujours de station service ! Ce qui nous a valu d’utiliser notre jerrican d’essence de secours pour la première fois 😅 .

Nous dormons au milieu de nulle part, sans aucun bruit, et sans protection contre le vent qui souffle souvent et parfois violemment en Patagonie.

Nous avons d’ailleurs passé une nuit assez difficile durant laquelle le camping-car bougeait dans tous les sens, où le bruit était impressionnant et inquiétant ! Rien ne s’est arraché et nous n’avons reçu aucun objet (l’avantage de ne rien avoir autour de soi, rien ne peut s’envoler en cas de tempête ! ).
J’ai hâte que nous rejoignons la région des glaciers et surtout un peu de civilisation !

Nous avons tout de même eu la chance que cette interminable route soit relativement en bon état ! En effet nous n’avons eu qu’une petite partie parsemée de nids de poule et seulement 70 km d’une piste praticable entre 15 et parfois 60 km/h. Sur 1200 km c’est très correct.
En effet, certaines routes en Amérique du Sud sont en mauvais état, et d’autres sont non revêtues ! Parfois se sont de belles pistes où nous pouvons rouler à 60 km/h voir plus, et parfois le véhicule tremble de partout à 15 km/h soit à cause de cailloux, soit à cause de la forme de « tôle ondulée » de la route (si vous voyez une plaque de tôle ondulée, vous voyez à quoi ressemble la route ! Mais je vous mets une photo quand même ! ).

Ce qui est commun à toutes ces routes non revêtues c’est la poussière qu’il y a dans le camping-car après les avoir emprunté ! Une fine couche de terre recouvre tout du sol au plafond ainsi que dans les placards ! Et malheureusement, c’est assez régulier !
Pour garder le camping-car propre il faudrait faire le ménage complet tous les jours, voir plusieurs fois par jour !

Un exemple de poussière que nous pouvons avoir au sol !
Ou sur les objets…

Seulement il n’y a pas que cela comme intendance durant le voyage.
Nous passons parfois une journée entière à gérer tout ce qui est nécessaire à la vie quotidienne.
Il y a tout d’abord les approvisionnements en eau et en essence qui reviennent le plus souvent : tous les 2/3 jours en moyenne. Nous avons une autonomie d’environ 450 km avec le plein d’essence et de deux jours et demi avec le plein d’eau (vaisselle, chasse-d’eau, lavage des dents et des mains, douches, cuisine et eau que nous buvons compris). L’eau de la cuve est rendue potable par un filtre très performant que Thomas à installé avec un robinet dédié. Cela nous évite de devoir faire des réserves en bouteilles ou bidons d’eau. La plupart du temps, nous faisons le plein d’eau gratuitement dans les stations-service.
Il y a également les vidanges à effectuer tous les 2/3 jours ( « eaux grises » pour le lavabo, l’évier et la douche, et « eaux noires » pour les toilettes). Nous essayons de les effectuer dans les bouches ou grilles d’égouts ou dans des stations d’épuration. Malheureusement l’Amérique du Sud n’est pas équipée de station de vidange comme la France.
Il y a également des petites réparations ou entretiens à effectuer sur le camping-car assez régulièrement (retendre un ressort d’occultant ( = volet), réparer un accroc dans le revêtement des parois de la douche, resserrer le câble du frein à main, nettoyer les moustiquaires des lanterneaux ( = fenêtres de toit) dans lesquelles des résidus d’arbres s’accumulent, changer un robinet H.S, nettoyer les panneaux solaires, faire les niveaux…).
Il faut également s’approvisionner en gaz. Toutes les deux semaines environ nous échangeons une de nos deux bouteilles de gaz vide contre une pleine (nous nous sommes équipés en bouteilles de gaz argentines afin que cela soit plus pratique. Les échanges se font dans des magasins spécialisés et non dans des stations-service comme en France).
Et puis il y a le linge ! Nous le faisons laver dans des « lavaderos » qui offrent un service à mi-chemin entre la laverie et le pressing. C’est-à-dire que nous leur apportons notre linge (détachés et couleurs triées car ils ne le font pas) et ils font comme à la maison, ils le mettent directement à la machine (lavante et séchante) et ils nous le rendent (plus ou moins) pliés dans un sac plastique. Cela coûte aux alentours de 5 € la machine et il faut compter la journée.
Nous sommes aidés pour trouver tous les commerces et les endroits pour dormir par une application de partage d’informations entre voyageurs en véhicules aménagés : « Ioverlander » . En France il y a le même type d’application : « Park4Night » .

Malgré toute cette intendance le camping-car offre un grand confort lors d’un voyage, surtout au long cours.
Avant ce projet je n’avais jamais envisagé de passer ne serait-ce qu’un week-end en camping-car, alors que cela a beaucoup d’avantages.
Nous ne nous soucions jamais de devoir chercher un hôtel ou un restaurant parce qu’il est l’heure de manger ou qu’il va bientôt faire nuit. Nous avons toujours notre lit, notre salle de bain, nos toilettes et notre cuisine avec nous. Dès que nous le décidons, nous pouvons nous arrêter n’importe où car nous sommes complètement autonomes (pour peu que nous ayons fait le plein d’eau. En ce qui concerne l’électricité nous avons deux panneaux solaires sur le toit qui rechargent deux batteries).
L’autre avantage est que nos affaires ne bougent pas des placards, nous n’avons pas de valise à défaire ou à refaire, et aussi, nous ne sommes pas tributaires des transports, nous n’avons pas à attendre dans une gare, un aéroport ou à un arrêt de bus. Nous changeons d’endroit dès que nous le souhaitons.
Le véhicule nous permet également d’avoir plus d’affaires et de ne pas avoir à porter de lourds bagages.
Mais surtout, nous pouvons profiter de superbes lieux seuls, lorsque tous les visiteurs sont rentrés dans leur maison ou dans leur hôtel. Enfin, nous ne savons jamais quelle vue nous aurons pour le déjeuner ou dans quel paysage nous allons passer la nuit ! C’est toujours une surprise ! Très souvent bonne, mais parfois moins bonne…

Heureusement, pour l’instant, nous avons souvent de magnifiques paysages devant nous comme lorsque nous avons visité le splendide et paisible Parque Nacional Lanìn (du nom du volcan culminant à 3776 m, recouvert de neiges éternelles, qui s’y trouve).

Le Volcan Lanìn coiffé de son chapeau qui ne l’a pas quitté de la journée !
Parque Lanìn
Parque Lanìn

Nous avons ensuite emprunté la fameuse route des « sept lacs » depuis San Martín de los Andes.

Nous y avons profité d’un super spot pour dormir à Lago Mascardi.

Après la traversée d’un autre parc national ( « Los Alerces » , du nom des cyprès de Patagonie qui s’y trouvent dont certains ont plus de 4000 ans ! ) nous avons fait escale à Esquel au bord d’un superbe lac.

C’était notre dernière étape avant d’attaquer la route quasi désertique qui nous mène au parc national des glaciers !

À bientôt !

2 commentaires sur « Trois jours de route presque sans trace humaine à l’horizon (hormis la RN40) ! »

  1. C’est ça d’écrire tard le soir..
    Holà la famille Grolade, ☺️
    Un grand merci, de nous partager votre récit et vos photos.
    J’ai hâte de connaître la suite de votre aventure.👍🏻🙂
    Je vous souhaite de belles rencontres.
    Valérie Dubost.

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