Confinement doré

Cela fait maintenant 18 jours que nous sommes sur le terrain d’une auberge de jeunesse à Montañita dans le sud de l’Équateur.
Montañita est une station balnéaire réputée pour ses fêtes et ses vagues. Nous avons la chance d’être stationnés sur la plage, c’est donc sur un lieu de vacances que nous sommes confinés.
Le propriétaire de l’auberge est très prévenant et nous n’avons aucun soucis avec les locaux et les commerçants (peut-être parce que la ville est d’ordinaire très touristique).
Nous ne manquons de rien. La ville est dotée d’un supermarché relativement grand et de nombreux petits commerces.
Tous les clients qui entrent dans le supermarché se font désinfecter les mains et doivent être munis d’un masque ; un employé désinfecte les chariots après chaque utilisation.
La municipalité organise la désinfection des lieux publics et nous pouvons nous procurer des masques dans l’une des quatre pharmacies de la ville.
Un de nous deux (souvent Thomas) sort en vélo faire des courses tous les quatre ou cinq jours.

Nous sommes une vingtaine de personnes dans l’auberge : une dizaine à l’intérieur et un dizaine repartie dans six véhicules sur le terrain.
Il y a un couple de Chiliens avec un adolescent, un couple germano/argentin, un Français et un Argentin voyageant seuls, un couple argentino/péruvien avec un bébé de 10 mois, et nous.
Les occupants de l’auberge sont : le patron, des volontaires et des employés saisonniers des commerces fermés.

Le campement à un peu évolué depuis cette photo car deux véhicules sont partis assez rapidement en vue de se rapprocher de la capitale pour un éventuel départ du pays.
Devant l’auberge
Des animaux nous rendent régulièrement visite
Tous les soirs nous assistons à un magnifique coucher de soleil sur le pacifique
Le jour de notre arrivée, avant le confinement. Nous pensions alors rester deux nuits…
Koko adore ce spot où il peut se balader à sa guise ! Il y a d’autres chiens, dont un molosse, mais à bientôt 11 ans il s’est assagi (et peut-être aussi parce qu’il ne voit plus beaucoup), il ne cherche presque plus la bagarre et ne s’éloigne pas trop.

Tout se passe très bien. Les uns et les autres s’entraident si nécessaire pour charger une bouteille de gaz, se prêter du matériel, faire du bricolage. Jenny (l’allemande) organise même des cours d’anglais ou d’espagnol. Nous cuisinons beaucoup : des cakes, des tartes, des gâteaux, des gambas, des bananes flambées…

Nous en avons aussi profité pour nous mettre à jour sur les petits entretiens que nous avions à effectuer sur le camping-car, nous nous entraînons à mieux maîtriser notre drone, nous prenons des cours d’espagnol en famille (Léa aime beaucoup, Noémie est très timide), et nous faisons des activités manuelles avec les filles.

Fabrication d’une lanterne
Cours de lavage de mains avec de la peinture pour apprendre à n’oublier aucun endroit
Fabrication d’un baromètre
Un lit pour les bébés
Une voiture pour les filles

Nous avons même la chance d’avoir une piscine que nous sommes quasiment les seuls à utiliser.

Le matin, nous ne savons pas vraiment si nous avons le droit de faire une marche ou du sport sur la plage car au tout début du confinement (le 17 mars) la police circulait pour évacuer les personnes présentes, mais depuis quelques jours ils ne passent quasiment plus ou laissent les gens faire leur jogging ou marcher.
Quoi qu’il en soit, le couvre-feu ici court de 14h à 5h du matin et durant cette période la ville et la plage sont interdites et désertes.

L’ambiance est sobre mais bonne dans l’auberge. Nous avons de la chance car nous avons des retours d’autres voyageurs, dans d’autres pays d’Amérique du Sud, qui se sont faits expulser de leur campement ou qui subissent du racisme de la part de la population locale.
Nous espérons que la situation se maintienne ainsi jusqu’à la fin du confinement, possiblement fin avril aux dernières nouvelles ; et nous espérons que lorsque nous reprendrons la route l’accueil de la part des populations ne sera pas altéré.

Plusieurs voyageurs au long cours font le choix de rentrer dans leur pays, d’une part parce que leur ambassade leur conseille, d’autre part parce que certains ont eu la mauvaise expérience d’être malvenus et/ou car ils craignent que la situation ne dégénère en terme de santé et/ou de sécurité.
Nous avons fait le choix de rester sans aucune hésitation.
D’une part nous sommes bien lotis, d’autre part nous n’étions pas prêts à ce que notre voyage s’arrête et encore moins de cette façon.
De plus, si nous choisissions de rentrer, la gestion de notre camping-car qui est en importation temporaire sur le territoire serait compliquée et très onéreuse.
Nous espérons pouvoir circuler en Équateur à compter du 1er mai, et pouvoir passer en Colombie au 1er juin. Ce scénario est le meilleur que nous puissions espérer à ce jour.

Nous avions prévu un retour en France autour du 20 juin, heureusement nous n’avions pas réservé nos billets d’avion, ni notre shipping retour pour le camping-car (des fois c’est bien de ne pas être prévoyant ! ) ; mais cela risque d’être compromis.

Notre seule déception pour le moment est que nous risquons de ne pas pouvoir effectuer un petit « tour de France » que nous avions prévu à notre retour, en camping-car, afin de rendre visite à nos familles et à nos amis. Nous nous faisions une joie de ce retour avec un goût de prolongation de voyage. Seulement, nous ne savons pas aujourd’hui si nous pourrons renvoyer notre camion dans les temps et si la vie aura repris son cours normale quand nous rentrerons pour nous permettre cela.
L’avenir nous le dira… 🤞

À bientôt !

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