
Après le départ de mon frère nous nous sommes offerts une semaine de vacances dans le voyage.
Nous voulions nous « poser » depuis plusieurs semaines déjà mais nous n’avions jamais trouvé l’endroit propice.
Cela devenait de plus en plus essentiel car Léa venait de nous faire part de sa lassitude de la route et d’être attachée.
Et heureusement, nous sommes arrivés à Arica (à l’extrême nord du Chili).
L’océan, la plage de sable fin, le soleil, la chaleur, des restaurants, des jeux pour les filles et un spot en front de mer ! Tout y était !
Malgré deux chutes à vélo (une de Noémie et une de Léa et moi), un gros coup de soleil et deux enrhumés, nous avons passé une super semaine de détente 😎 avant d’attaquer la Bolivie, son altitude et sa saison des pluies 😬 .














Juste avant de passer la frontière nous avons visité le Parque Nacional Lauca. Il faisait très beau le matin, malheureusement après la pause déjeuner le temps s’est dégradé. Nous n’avons donc pu vraiment profiter que de la première moitié.






Ensuite, le passage du nord du Chili à la Bolivie a été un peu raide ! Nous sommes passés, en 200 km, du niveau de la mer à 4350 m à la frontière ! Lors de notre premier stop nocturne à 3000 m dans les montagnes au milieu de nulle part (afin de s’acclimater) nous nous sommes demandés pourquoi nous avions quitté la plage pour une zone désertique, le froid, la pluie, la haute altitude et ses effets !



Les premiers jours et nuits au-delà de 3000 m ne sont pas les meilleurs du voyage ! En général cela nous provoque un essoufflement, un manque d’appétit, une fatigue inhabituelle, des cauchemars, des insomnies et parfois même des maux de tête, des nausées et des douleurs aux jambes. En théorie il faut éviter de monter plus de 500 m par jour au-delà de 2000 m et il faut compter au moins trois jours pour être à-peu-près acclimaté.
Je supporte assez bien l’altitude, en général, sauf lorsque nous avons passé la frontière. Les douaniers boliviens (combinés à l’altitude) ont réussi à me donner mal à la tête !
C’est la pire frontière que nous ayons passé. Elle est pourtant bien organisée contrairement à certaines car les cinq guichets auxquels nous devons nous présenter sont dans la même pièce ! Les deux premiers guichets chiliens sont rapides ainsi que le troisième pour les tampons. Cela se complique aux guichets boliviens de contrôle sanitaire et celui pour l’importation temporaire du véhicule… Nous avons dû consacrer environ 15 min pour les trois premiers et plus d’une heure pour les deux derniers !
Le douanier réclamait que le certificat de bonne santé d’Eko, que nous avons fait établir par un vétérinaire, soit visé par le SENASAG (équivalent de notre ministère de l’agriculture) alors que lors de mes recherches ce n’était pas stipulé pour l’entrée dans ce pays. Après de nombreux palabres, des photocopies (à nos frais et faites par nos soins) de tous les documents d’Eko en notre possession, un coup de téléphone à un supérieur, un contrôle du camping-car (pour vérifier que nous n’entrions pas dans le pays avec des fruits, des légumes ou de la viande crue) et une photo prise d’Eko, nous avons pu obtenir le tampon pour continuer nos démarches. Mais ce n’était pas fini… Au guichet pour faire les papiers d’importation temporaire du camping-car, après une autre inspection du véhicule, il a fallu que je remplisse moi-même le document avec la marque, le numéro de châssis, le numéro de moteur… et qu’ensuite la douanière le retranscrive lentement à l’ordinateur 😩 . Et enfin, après un dernier employé très énervé et mal aimable qui nous réclamait 10 bolivianos que nous n’avions pas sans nous donner la solution d’aller changer de l’argent dans la boutique en face, nous avons enfin pu commencer notre périple bolivien !
À notre grand étonnement nous avons fait les premières centaines de kilomètres sur une belle route toute neuve. En effet, nous redoutions un peu les routes de Bolivie réputées peu pratiquables. Mais pour le moment, après deux semaines dans le pays, nous avons emprunté une majorité de belles routes neuves asphaltées. Il y a tout de même quelques pistes, des routes plus ou moins en bon état et des éboulements plus ou moins importants et plus ou moins sur la route 😱 , mais globalement nous circulons bien.


De même, nous redoutions la saison des pluies mais jusqu’à présent nous avons eu bien plus d’ensoleillement que de pluie et d’orage, pourvu que cela dure 🤞 ! Les averses sont peu abondantes (sauf deux orages, un à Santa Cruz et un à Samaipata), peu fréquentes et toujours de courtes durées.
Nous avons eu des ciels d’un bleu magnifique, presque irréel.

La Bolivie nous a également apporté de voir nos premiers alpagas du voyage. Ça y est, nous pouvons dire que nous avons vu la totalité de la famille des lamas, après les guanacos de Patagonie, les vigognes du Chili et les alpagas de Bolivie. Nous avons également vu des lamas en Argentine mais nous en reverrons certainement davantage au Pérou. Les alpagas et les lamas sont des animaux domestiqués, alors que les guanacos et les vigognes ne le sont pas.


Contrairement aux pays précédents, les troupeaux ici ne sont pas gardés par des gauchos mais par des Cholitas. Les Cholitas sont des femmes indigènes en tenues traditionnelles : une jupe à volants avec une ou plusieurs couches de jupons blancs en dessous, un chapeau à large bord (forme « melon » ou autre, souvent en feutre), et deux longues tresses généralement attachées entre elles par un pompon. Elles portent leur bébé où ce qu’elles ont à transporter dans un carré de tissu coloré traditionnel.

Les tenues ne sont qu’un aspect du dépaysement que nous apporte la Bolivie.
Il y a également les maisons et villages bien moins modernes.


La pauvreté y est plus présente, nous sommes souvent confrontés au travail ou à la mendicité d’enfants…
Nous rencontrons beaucoup de déchets au sol depuis notre arrivée en Amérique du Sud, mais la Bolivie obtient la triste première place de la quantité devant l’Argentine, l’Uruguay et le Chili.

Autre changement, il n’y a quasiment pas de supermarché, tout au plus des mini supérettes. Les achats se font surtout dans les marchés, auprès de vendeurs ambulants ou de petites boutiques d’un autre temps.
Nous ne mangeons quasiment plus dans le camping-car car se nourrir dans un petit stand d’un plat familial ou d’un hamburger nous coûte entre 2 et 4 € pour nous quatre !


Le gaz également ici n’est vraiment pas cher. Nous avons payé 2,93 € pour recharger notre bouteille de 10 kg alors qu’au Chili nous payions environ 26 € !
En revanche, la Bolivie, comme le Chili et l’Argentine applique un tarif » étranger » officiel pour certaines choses. Ici, c’est pour les sites touristiques et pour l’essence.
Le prix pour les locaux est de 0,48 € le litre alors que pour les étrangers c’est 1,15 €. Heureusement il est courant de négocier avec le pompiste et d’arriver à l’obtenir au mieux au prix « local » , au pire à 0,78 €.
Au Chili et en Argentine seules les attractions touristiques (parcs nationaux, téléphérique dans une ville, bateau…) étaient plus chères pour les étrangers. Nous payions entre deux et six fois le tarif « local » . Par exemple, pour le bateau qui nous a permis de remonter le sud du Chili nous avons payé trois fois plus cher et les filles six fois plus que le tarif pour un enfant chilien. Si le prix restait raisonnable cela serait acceptable, mais parfois cela rend le tarif prohibitif même pour nous Français !
Ce n’est pas le cas en Bolivie, les prix restent abordables. Mais nous avons tout de même été surpris car nous pensions que tout était très peu cher dans ce pays, et finalement les seuls choses que nous payons à un prix dérisoire sont le gaz, la nourriture et un centre aquatique que nous avons fait près de Potosi (nous avons payé 1 € pour nous quatre).


C’était après notre troisième nuit en Bolivie. Notre première, nous l’avons passé au milieu de nulle part, éreintés par notre pénible passage de frontière et l’altitude. Puis nous avons fait notre pause déjeuner dans un village où nous avons découvert des Boliviens très accueillants et curieux. Nous avons ensuite atteint la ville d’Oruro, ses rues étroites et ses embouteillages, ce qui nous a valu d’utiliser pour la deuxième fois du voyage notre jerrican d’essence de secours !





Nous avons ensuite rejoint la fameuse cité de Potosi. Nous nous souviendrons longtemps de notre arrivée dans cette ville… En effet, nous étions prévenus qu’il ne fallait pas s’engager dans la ville avec le camping-car car les rues sont très étroites et très, très pentues pour certaines. Nous avions donc repéré un parking, mais pour s’y rendre il fallait tout de même sortir un peu des grands axes. Le parking que nous avions choisi a déjà reçu plusieurs camping-cars, nous nous sommes donc dit que l’accès devait être simple. C’était sans compter sur une policière qui nous a obligé à dévier de notre itinéraire, à une rue de l’arrivée. Nous nous sommes retrouvés à ne pas pouvoir monter une côte et à devoir faire une marche arrière et faire reculer toutes les voitures dans des ruelles sinueuses, étroites et pentues. La police a dû venir nous aider pour couper et dévier la circulation ! Nous avons ensuite décidé de rejoindre une grande route au plus vite et de ne plus la quitter. Nous avons finalement dormi sur une grande avenue. Malgré cela nous avons aimé la ville de Potosi.













Nous nous sommes ensuite rendus à Sucre. Échaudés par notre expérience à Potosi nous nous sommes baladés dans la ville à vélo ! Les rues y sont plus larges mais il y a tout de même quelques belles côtes à prendre sans élan et toujours à haute altitude !














Les Boliviens qui travaillaient sur la place où nous avons stationné le camping-car étaient très accueillants. Nous avons également eu la chance d’assister à des entraînements pour le carnaval qui aura lieu fin février. Ce dernier est très important en Amérique du Sud et pas seulement à Rio de Janeiro. Les villes s’y préparent toute l’année et les répétitions sur les places des danseurs et fanfares battent leur plein à un mois des festivités.

Depuis Sucre nous descendons en altitude, et plus nous descendons, plus la chaleur est écrasante !
Nous nous approchons de la forêt amazonienne, il y a de plus en plus de faune et de flore ! Les montagnes se recouvrent de végétation.




Nous avons ensuite atteint le village « bohème » de Samaipata.







Puis Santa Cruz de la Sierra, capitale économique moderne du pays où nous n’avons jamais eu aussi chaud !





Nous n’irons pas plus loin en Amazonie car nous redoutons le climat, les insectes et les maladies. Nous nous dirigeons maintenant vers l’ouest.
À bientôt !




















































































































































































































































































































































































